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Janvier 2026,
D’accord pour un Retour à Balbec ? Bien sûr ! Quel lecteur, même intermittent, d’A la recherche du temps perdu déclinerait une excursion dans cette station balnéaire imaginée par Marcel Proust ? D’autant que la quatrième de couv annonce une histoire de pianiste virtuose. Une relation séduisante entre littérature et musique… Mais soudain un doute ! Ma liseuse déclare que l’ouvrage compte cent pages ; c’est peu. Je ne lis pas de romans courts, car le charme de l’immersion n’a généralement pas le temps d’opérer en profondeur… Finalement, l’édition brochée contredit ma liseuse et indique contenir cent soixante pages. Ça va mieux. Et après avoir lu une quinzaine de pages, je sens que le charme du livre opère vite. Tout va bien.
Samuel est un pianiste virtuose renommé. Sa grand-mère, qui l’avait élevé, avait très tôt décelé ses dons prodigieux au clavier et l’avait encouragé dans sa carrière. A la mort de cette femme à laquelle il était très attaché, Samuel avait résilié tous ses contrats et cessé de se produire en public. Dix ans plus tard, il se laisse convaincre de revenir sur scène pour un concert de début d’été dans une station balnéaire jouxtant la plage de Balbec, où il avait séjourné, enfant, en compagnie de sa grand-mère.
Se promenant entre deux répétitions sur la plage de Balbec en quête de souvenirs d’enfance, Samuel aperçoit sur la terrasse d’un ancien hôtel transformé en appartements une dame âgée ressemblant étrangement à sa grand-mère disparue, laquelle avait justement ses habitudes dans l’ancien hôtel. Dans la relation qui s’engage et qui semble s’installer durablement entre la vieille dame et Samuel, ce dernier a de plus en plus le sentiment inexplicable d’être face à sa grand-mère, tandis que la vieille dame voit en Samuel un petit orphelin aux yeux gris qui avait attiré son attention en jouant sur la plage vingt ans plus tôt. Étrange, je dirais même, intrigant !
N’essaie pas de comprendre, lectrice, lecteur, ne cherche pas d’explications ; tu ne trouveras pas de sens logique. Samuel rêve-t-il ? Samuel et la vieille dame sont-ils des fantômes l’un pour l’autre ? Ont-ils été victimes de troubles cognitifs ? Samuel lui-même s’est posé des questions : « Était-il possible de s’échapper de sa propre existence, en se glissant dans une brèche du temps, afin d’y vivre une vie parallèle ? ». En attendant la fin du livre et ses clés surprenantes, profite de ta lecture, délecte-toi de l’instant présent, apprécie cette façon qu’a l’auteur « d’accrocher les mots les uns aux autres pour en faire des phrases » donnant à chaque page « une tonalité tellement singulière qu’elle en devient peu à peu envoûtante ». Comme disait le poète, « de la musique avant toute chose ».
Car dans ce roman — et dans bien d’autres romans, comme dans les œuvres musicales —, tout est affaire de créativité, d’imagination de la part de l’artiste lui-même, en l’occurrence le romancier, pour lequel c’est un devoir absolu et sans limites. Ne pourrait-on pas imaginer un personnage écrivant une histoire, et même imaginer un personnage imaginant un personnage écrivant une histoire ?
Je ne suis pas clair ? Je ne peux pas t’en dire plus, amie lectrice, ami lecteur, sous peine de rompre trop tôt la magie de l’intrigue. Seule solution, lire Retour à Balbec, un livre tout à fait délicieux, très joliment écrit et qui associe avec bonheur une littérature nostalgique à la musique de compositeurs français, que Marcel Proust avait pu avoir l’occasion de rencontrer et d’écouter.
L’auteur, Renaud Meyer, est un homme de lettres au vaste rayon d’action : littérature, théâtre, cinéma… Dans une vidéo que je t’incite à regarder, il présente son Retour à Balbec avec clarté, franchise et beaucoup d’humour. A l’instar de Samuel, il avait passé des vacances avec sa grand-mère… à Trouville, dans l’ancien hôtel des Roches Noires. Proust y avait autrefois séjourné enfant avec ses parents, avant que l’auteur de « La Recherche » ne préfère sur le tard le Grand Hôtel de Cabourg.
La plage de Balbec est-elle celle de Trouville ou de Cabourg ? Un peu les deux, sûrement. Pour sa part, l’auteur de Retour à Balbec a choisi Trouville, une manière de s’imaginer lui-même en prodige du piano et d’attribuer des origines indochinoises à sa grand-mère, qui aurait ainsi pu être Marguerite Duras, résidente pendant trente ans aux Roches Noires… Imaginaire, où nous emmènes-tu ?
FACILE ooooo J’AI AIME PASSIONNEMENT
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