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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Une unique lueur, de Fred Vargas

Publié le 15 Août 2026 par Alain Schmoll in Littérature, chroniques littéraires, lecture, romans

Août 2026, 

Avec Pars vite et reviens tard, Fred Vargas avait lancé en 2002 un nouveau genre de roman policier, trouvant un vaste public dont j’ai fait partie. Je lui étais longtemps resté fidèle, jusqu’à Temps glaciaires, pour lequel j’avais en 2015 rédigé l’une de mes premières chroniques. Formaliser mon ressenti par écrit m’a probablement amené à renoncer à lire ses romans suivants, car j’aurais craint d’en revenir à chaque fois aux mêmes commentaires généraux, pour ne pas évoquer d’anecdotes spécifiques risquant de déflorer les pistes d’enquête de l’éternel commissaire Adamsberg.

Me voici de retour chez Fred Vargas avec Une unique lueur, son dernier polar, ou plutôt son dernier « rompol », puisque c’est ainsi qu’on semble en dénommer aujourd’hui le genre. Et bien sûr, j’y retrouve les caractéristiques habituelles qui me charment, m’étonnent, m’amusent, me lassent ou m’agacent ; dans le désordre : des chapitres verbeux traînant en longueur, l’audace imaginative de l’autrice et son aptitude à franchir les frontières du réel, la rigueur apparente des intrigues malgré leur manque de crédibilité, la perte d’étonnement à toujours revoir les personnalités très marquées de la Brigade criminelle du 13ème, à commencer par son chef et ses méthodes de travail nébuleuses…

Mais si l’intuition d’Adamsberg l’a incité à persévérer à chercher la vérité au plus profond d’un horizon obscur où ne poignait qu’Une unique lueur, j’ai pour ma part ressenti comme un éblouissement face à deux sources lumineuses de surprise et d’enchantement.

J’ai adoré que l’enquête d’Adamsberg s’installe dans l’histoire de la littérature française du dix-neuvième siècle, par une analyse profonde de El Desdichado, célèbre poème composé par Gérard de Nerval un an avant son suicide. Ce chef-d’œuvre sublime et mystérieux me fascine depuis des années chaque fois que je le relis et ses quatre premiers vers me reviennent presque naturellement en mémoire. L’exploitation romanesque qu’en a tirée Fred Vargas est passionnante et jubilatoire. Chapeau pour son imagination et son audace ; il fallait trouver l’idée et la mener jusqu’au bout.

Après les chapitres consacrés au poète désespérément désespéré, l’autrice a réussi à m’épater à nouveau. L’enquête s’est poursuivie par un zoom captivant sur une femme incarnant la beauté pour l’éternité, l’admirable actrice hollywoodienne Lauren Bacall, et sur le couple mythique qu’elle forma au mitan du vingtième siècle avec une autre icône du cinéma, l’inoubliable Humphrey Bogart. Je ne me suis pas précipité dans les bijouteries des quartiers huppés de Los Angeles, mais je n’ai pas manqué de chercher et de visionner un extrait du film Le Port de l’angoisse (1944), consacré à la première scène que les deux stars tournèrent ensemble. Pffuiit !…

Grâce à la richesse de leurs contenus, ces deux séquences bien structurées et rythmées sont très plaisantes à lire, sans pour autant apporter de crédibilité à l’intrigue générale et aux motivations du comportement de l’assassin. Peu importe, elles permettent surtout de passer par pertes et profits les travers habituels des romans de Fred Vargas, évoqués plus haut.

Je ne reviens pas sur le processus mental déductif et intuitif du commissaire, dont tu peux suivre aisément l’évolution, lectrice, lecteur, lorsqu’il l’expose à l’un de ses collaborateurs ou en séance plénière (ou concile !) à la Brigade, les répliques naïves de ses interlocuteurs l’incitant à clarifier ses idées. Un déroulé narratif peu original, mais somme toute efficace.

Le mérite en revenant surtout à Gérard et à Lauren, j’ai donc passé d’excellents moments à lire Une unique lueur, en dépit des incohérences du texte, de ses longueurs, de ses redondances et de ses précisions inutiles. Sur ce point, je pense notamment au dernier chapitre, où le commissaire récapitule toute l’enquête et ses trouvailles personnelles, comme s’il s’en glorifiait, reprenant des explications que tu avais comprises sans mal, lectrice, lecteur, au fil de la narration. Une manie dommageable que l’on constate aussi dans de nombreux polars classiques.

DIFFICILE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT

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