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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Fort Alamo, de Fabrice Caro

Publié le 22 Mai 2026 par Alain Schmoll in Littérature, chroniques littéraires, lecture, romans

Mai 2026,

Artiste aux talents multiples, aujourd’hui quinquagénaire, Fabrice Caro est avant tout connu en sa qualité d’auteur de bandes dessinées sous le pseudonyme de Fabcaro. Le moteur de son inspiration est l’humour absurde, un genre qu’il a transposé dans quelques romans et d’autres ouvrages de forme classique en prose.

Fort Alamo est le second roman que je lis de cet auteur. Comme le premier l’était, Fort Alamo est une autofiction, la narration à la première personne d’une aventure fictive. Et comme dans le premier, il est légitime de se demander quelle part de lui-même l’auteur a reportée chez le narrateur et personnage principal, un homme qui doute de tout, à commencer par lui-même.

Professeur d’Histoire dans un collège, Cyril est plutôt sympathique ; mais c’est un homme faible et impressionnable qui subit l’autorité des autres, celle de ses collègues en salle des profs, de même que celle de son frère qui le presse à vider la maison de leur mère décédée depuis plusieurs mois, et encore celle de son épouse qui lui a délégué le choix des cadeaux de Noël pour la famille. Il ne parvient pas non plus à s’imposer aux enfants, qu’il s’agisse de ses élèves ou de sa propre progéniture.

Hypersensible et de tempérament ombrageux, il se sent agressé dès qu’une personne fait valoir trop ouvertement son autorité ou ses intérêts devant lui. Mais trop pusillanime pour réagir directement, il se contente de maugréer en son for intérieur. Et soudain, des événements spectaculaires survenus devant lui l’amènent à croire qu’il détient un pouvoir terrifiant : celui de provoquer la mort de celles ou ceux qui le contrarient ! Une conviction absurde qu’il finit par avouer à ses proches, suscitant leur incompréhension.

Face à tous, Cyril se forcera finalement à une attitude d’empathie artificielle, afin d’échapper à sa prétendue malédiction, laquelle l’avait conduit à dramatiser et à se transposer dans une situation historique et mythique de triste mémoire :

« Alors qu’autour de moi tombaient les corps, Fort Alamo était en passe d’être pris. John Wayne s’était battu jusqu’à son dernier souffle mais il était à bout de force. »

Cette évocation de Fort Alamo à la page 184 est la seule du livre. Comparée aux trois ou quatre accidents auxquels le narrateur aura assisté, l’allusion aux cent quatre-vingts soldats texans tombés héroïquement lors de la défense d’Alamo montre à quel point Cyril est empêtré dans son délire paranoïaque.

Cela valait-il la peine pour l’auteur ou l’éditeur d’en faire le titre du roman ? Il y a de quoi te poser la question, lectrice, lecteur. Je dois cependant t’avouer que le titre avait suscité ma curiosité et qu’il m’avait incité à lire le livre.

Car Fort Alamo a fait partie de mon lointain imaginaire d’enfant passionné de westerns en bandes dessinées. Pour moi, derrière Fort Alamo, il y avait surtout Davy Crockett, « l’homme qui n’a jamais peur », le trappeur à la toque de fourrure, dont j’avais dévoré toutes les aventures. Puis j’avais lu un jour que le personnage avait réellement existé et qu’il avait été tué à Fort Alamo. Une information tragique que j’avais longtemps refusé de croire, espérant trouver un démenti… ! Exactement comme la défaite de Vercingétorix à Alésia, enseignée lors de mon premier cours d’Histoire, et que mon patriotisme d’enfant ne voulait pas admettre.

Foin de ces digressions personnelles qui n’intéressent que moi ! Sans être passionnant, Fort Alamo n’est pas déplaisant à lire. Pas sûr qu’il s’ancre dans ma mémoire, mais il est bien écrit et son auteur ne manque pas d’humour ni d’imagination. De là, comme certains le prétendent, à le trouver hilarant… !

Roman de Fabrice Caro déjà critiqué : Broadway.

FACILE     ooo   J’AI AIME

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