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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Une vie si lointaine, de Margot L. Stedman

Publié le 22 Juillet 2026 par Alain Schmoll in Littérature, chroniques littéraires, lecture, romans

Juillet 2026,

Margot L. Stedman n’est pas une inconnue. Dans Une vie entre deux océans, un best-seller diffusé à cinq millions d’exemplaires, cette écrivaine australienne explorait le quotidien, les rêves et les angoisses existentielles d’un couple de gardiens de phare, en poste à plusieurs heures de navigation de la terre la plus proche. Tout un enchaînement de péripéties haletantes. Et en même temps, une mise en perspective de l’être humain qui, face aux éléments naturels, doit s’accommoder de l’isolement, de l’immensité et du temps long. Ces thèmes et le talent narratif de l’autrice reviennent dans son nouveau roman, presque quinze ans plus tard.

Une vie si lointaine est un bon gros roman d’aventures dépaysantes et captivantes. On peut y voir une grande fresque sur l’Australie et son « bush », dont les prospecteurs miniers disputent les richesses aux "stations" d'élevage traditionnel d’ovins et de bovins. Le livre constitue surtout une saga familiale étendue sur plusieurs générations, orientée essentiellement vers la vie de deux hommes, celle de Matt McBride et celle de son… neveu, Andy.

Installés depuis plus d’un siècle dans le sud-ouest de l’Australie, une immense région semi-aride et désertique, les McBride règnent sur leur domaine de Meredith Downs : cinq cent mille hectares, où ils élèvent vingt mille moutons producteurs de laine. Une entreprise agro-industrielle et commerciale d’envergure dirigée par Phil McBride, qui prévoyait d’en confier un jour les rênes à Warren, son fils aîné… Mais ça, c’était avant…

… Avant que le terrible accident relaté dans le premier chapitre n’endeuille la famille et en bouleverse les plans ! Dévastées par le chagrin, Lorna, la veuve de Phil, et leur fille Rose, dix-neuf ans, sont en même temps désemparées face aux responsabilités qui leur reviennent. Elles comptent sur le rétablissement de Matt, le fils cadet, dix-huit ans. A l’inverse de son père et de son frère, il aura survécu à l’accident, malgré de graves blessures à la tête. Hospitalisé pendant trois mois, il restera longtemps sujet à des troubles de conscience et à des pertes de mémoire.

Matt ne se souviendra pas clairement de ce qu’il s’est passé une certaine nuit, juste après son retour à la maison, mais le moment venu il assumera. Ça restera un secret. Personne ne devra savoir, personne d’ailleurs n’imaginera une situation aussi anormale. Toi-même, lectrice, lecteur, tu auras du mal à croire ce que tu auras lu et, « oubliment » oblige, tu ne divulgueras pas le secret que tu partageras avec Matt.

Ce dernier paiera cher le prix de son secret. De brillantes dispositions auraient dû lui ouvrir de larges horizons. Imprégné du devoir qui lui échoit d’assurer la continuité des affaires familiales et de veiller à l’avenir d’Andy, il se consacrera pendant des années à la gestion de Meredith Downs, supportant dignement le déclin du business de la laine et les inquiétudes sur l’avenir des méga-troupeaux d’ovins, face aux prometteuses perspectives d’exploitations minières.

C’est d’ailleurs dans le cadre de négociations interprofessionnelles qu’il rencontre l’audacieuse, séduisante et brillante Bonnie Edquist. Une idylle sérieuse est-elle envisageable ou viendrait-elle à l’encontre des objectifs dont Matt ne veut pas démordre ? M. L. Stedman développe une belle et émouvante histoire d’amour à l’ancienne, soufflant alternativement le chaud et le froid… avec le risque que cela se prolonge pendant des années…

Entretemps interviennent des personnages secondaires hauts en couleur, aux pérégrinations pittoresques, parfois sans rapport direct avec l’intrigue principale, comme si elles y avaient été intégrées ultérieurement, au long des nombreuses années qu’il a fallu à l’autrice pour parvenir à la version définitive d’Une vie si lointaine. Mais rien qui entrave la fluidité du récit ! Car la multiplicité des personnages, pas plus que l’immensité des espaces ou le temps qui s’écoule, ne fait reculer M. L. Stedman dans son ambition narrative.

Les six cents pages de l’ouvrage se répartissent en trois parties. La première se situe dans l’année qui suit l’accident, la deuxième dix ans plus tard, la troisième, plus courte, s’étend sur plusieurs décennies. Une lecture dont on ne se lasse à aucun moment.

GLOBALEMENT SIMPLE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

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