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Juin 2026,
Lauréat 2026 du Grand Prix RTL / LIRE, ce livre n’est à l’évidence pas parfait, mais il m’a vraiment emballé. J’ai trouvé passionnante l’immersion dans les deux univers parallèles propres à Anvers. D’un côté celui du diamant, de ses tailleurs, de ses courtiers, avec leurs pratiques, leurs usages ; de l’autre, à la fois proche et lointain, le microcosme de la communauté juive orthodoxe locale, avec là aussi, des règles et des traditions bien établies.
Cela dit, On l’appelait Bennie Diamond est loin d’être un simple documentaire. Le livre mérite d’être qualifié de roman noir, et même par moment de thriller. Tout au long de ma lecture, j’ai été accroché par les péripéties imaginées par l’auteur, par sa maîtrise du suspens et par ses recours habiles à d’inattendus renversements de situations. Entre les intrigues s’inscrivent des enjeux familiaux et une quête d’amour. J’avoue m’être attaché au personnage de Bennie et avoir partagé des émotions qu’il ressent au fil de ses aventures ; sans oublier ma perplexité devant certaines de ses décisions.
Quel est donc ce personnage de Bennie ? Se nomme-t-il Wiesel, Goodman ou Diamond ? L’auteur le fait naître à Anvers, au début des années soixante, dans une famille juive traditionaliste vivant modestement dans le ghetto. Son père, Moshé, travaille dans un atelier de retouches et veille à l’entretien quotidien de la synagogue, ce qui lui permet de s’adonner sans limites à l’étude de la Torah et à sa pratique de la religion. Son grand-père, Yehuda, est l’un des plus importants courtiers installés à la Bourse du diamant d’Anvers, où s’effectuent plus de la moitié des transactions mondiales sur ce minéral rare et cher. Tu comprendras vite, lectrice, lecteur, que les relations sont compliquées dans la famille : Yehuda et Moshé se méprisent et s’ignorent mutuellement. Comment en sont-ils arrivés là ?
Bien que se côtoyant au centre-ville, leurs deux mondes sont fermés l’un à l’autre. Ils sont d’ailleurs inaccessibles et illisibles pour tous ceux qui n’en détiennent pas les clés et n’en connaissent pas les codes. Moshé voudrait transmettre à son fils sa foi religieuse. Mais Bennie est fasciné par la réussite sociale et financière de son grand-père. Fin stratège, très déterminé, il aura toutes les audaces — même les pires ! — pour pénétrer l’univers des diamantaires et s’y faire reconnaître comme un des leurs.
Y parviendra-t-il ? Car s’il est prescrit à Bennie, comme à tout homme, de s’en remettre à la volonté de Dieu (?), il lui faudra surtout, dans un registre plus prosaïque, éviter les chausse-trappes dressées par de faux-alliés et de vrais-rivaux qui le regardent de haut. Tu auras souvent l’intuition, lectrice, lecteur, d’un dernier obstacle qui serait le dernier…, mais chaque fois, ce ne sera pas le dernier !… Jamais découragé, Bennie trouve toujours de quoi repartir en campagne. Quelles seront les limites à son ambition démesurée ? Devra-t-il sacrifier son amour pour celle qui l’a choisi alors qu’il n’était rien, devra-t-il renier son affection pour ses proches, indéfectiblement présents ?
Réparti sur trois périodes, le texte de ce roman de quatre cents pages est agencé en quatre-vingt-deux courts chapitres qui sont autant de plans-séquences au réalisme très visuel. Une conception cinématographique de la littérature qui s’inscrit dans le parcours de son auteur ; avant d’écrire On l’appelait Bennie Diamond, Michaël Dichter cherchait sa voie comme acteur, scénariste et réalisateur de films.
Pourquoi avoir choisi le roman plutôt que le cinéma pour raconter l’histoire de Bennie ? Parce que la conception d’un film est contrainte par sa durée de projection, alors que l’écriture d’un livre permet d’approfondir presque indéfiniment les états d’âme des personnages. Une observation déjà émise par Quentin Tarantino, lors de la publication de son roman Il était une fois à Hollywood, quelques mois après la sortie de son film du même nom.
À trente-huit ans, Michaël Dichter — dont le look me rappelle le Bob Dylan des années quatre-vingt —, révèle avoir grandi entre Paris et Anvers, où son grand-père paternel était courtier en diamants. Il a donc partagé l’héritage et les fascinations de son héros. Pour renouveler le succès prévisible de ce premier roman audacieux, il devra retrouver une source d’inspiration aussi puissante. Un vrai défi !
GLOBALEMENT SIMPLE ooooo J’AI AIME PASSIONNEMENT
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