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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Les belles promesses, de Pierre Lemaitre

Publié le 14 Avril 2026 par Alain Schmoll in Littérature, chroniques littéraires, lecture, romans

Avril 2026, 

Acte final de la tétralogie des Années glorieuses. Avec Les belles promesses, Pierre Lemaitre a-t-il tenu les siennes ? Oui, si l’on prend en compte le succès en librairie et le bilan des commentaires, largement positif. Son intention était de relater sur une longue période les aventures d’une famille française, les Pelletier, en les situant dans la France issue de la Seconde Guerre mondiale. La vocation d’ensemble était donc double, avec d’un côté la construction d’un cadre historique teinté de critique politique, de l’autre l’élaboration d’une fiction romanesque s’étendant sur deux décennies.

Venant après Le Grand Monde, Le Silence et la Colère et Un avenir radieux, le quatrième et dernier volume de la série se place au début des années soixante. Pour évoquer l’actualité du moment, l’auteur a choisi la mise en œuvre de deux politiques structurantes d’aménagement du territoire, deux « belles promesses ». L’une est le lancement de la construction du boulevard périphérique de Paris, « le périph’ », un projet coûteux, complexe, aux enjeux locaux considérables. L’autre, plus diffus géographiquement, est le programme de remembrement des terres rurales, afin d’en rationaliser l’exploitation agricole.

Il est toujours facile de juger ce type de planification politique avec un demi-siècle de recul. A l’instar de l’époque qu’elles symbolisent dans Les belles promesses, ces opérations eurent leurs bons et leurs mauvais côtés, elles ont enrichi les uns et appauvri les autres. Voilà qui tombe bien, profiteurs et victimes constituent d'excellents profils pour élaborer une fiction romanesque savoureuse.

Quatre personnages émergent dans Les belles promesses. L’un d’eux, Manuel, ne fait pas partie de la famille. Ce petit paysan ambitieux et ses proches représentent les victimes. Les profiteurs – honte à eux ! — sont incarnés par Jean Pelletier et son épouse Geneviève, cette dernière étant la cheville ouvrière des stratégies affairistes du couple, ce qui ne t’étonnera pas, lectrice, lecteur, si tu as lu les épisodes précédents de la série.

Reste François Pelletier, le journaliste investigateur. Il a des soupçons sur son frère Jean. Toi, puisque tu as suivi toutes les aventures de la famille, tu sais bien que Jean, cet être pourtant insignifiant et bonasse, a commis des actes violents impardonnables. François ne le sait pas, il s’interroge, il découvre des indices, il a des doutes ; il mène son enquête. Et surtout, il se ronge, il pense à sa mère, au reste de la famille. Que devrait-il faire au cas où… ?

Des états d’âme partagés entre François et Pierre Lemaitre ! Ce dernier écrit ce qu’il veut, privilège de l’auteur. Mais peut-il achever sa série, un ouvrage littéraire destiné au public le plus vaste, en laissant Jean impuni s’il est coupable ? Quelle punition lui infliger alors, en des temps où la peine de mort n’avait pas été abolie ? Sans écarter une possibilité, un artifice, qui pourrait disculper Jean ! Finalement, Pierre Lemaitre aura trouvé la seule issue honorable, en ayant l’élégance de la relier à l’intrigue d’ensemble.

Une intrigue d’ensemble ? Hmm ! Elle est vraiment diluée au fil des cinq cents pages du livre et de sa soixantaine de chapitres, des épisodes relativement indépendants les uns des autres, offrant des péripéties variées, tantôt divertissantes, tantôt graves ou burlesques, mais souvent insignifiantes, à ne pas prendre trop au sérieux ; les personnages et leurs mésaventures sont plutôt parodiques.

Pierre Lemaitre avait fait ses classes dans le roman policier, un genre littéraire qui se caractérise par des intrigues imaginatives, des enquêtes à suspens, des secrets à découvrir, des rebondissements inattendus. Son savoir-faire apparaît lors des fins de chapitre, par les habiles pirouettes renvoyant à plus tard les réponses aux questions. Comme dans un feuilleton.

De même que la plupart des livres de Pierre Lemaitre, Les belles promesses est un roman accessible à tous. L’écriture est simple, dynamique, accrocheuse. Mais même les grands auteurs ont le droit de ne pas écrire un chef-d’œuvre à chaque fois.

FACILE     ooo   J’AI AIME

Romans de Pierre Lemaitre déjà critiqués : Trois jours et une vie, Couleurs de l'incendie, Miroirs de nos peines, Le Grand Monde, Le Silence et la Colère, Un avenir radieux  

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