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Octobre 2026,
Je n’en suis pas à mon premier livre d’Henry James, grand nom de la littérature anglo-saxonne. Né à New York en 1843 dans une famille américaine riche et cultivée, cet écrivain est mort à Londres en 1916, après avoir obtenu la nationalité britannique. Henry James a laissé une œuvre romanesque importante et variée, inspirée par des thèmes aussi divers que l’angoisse devant l’inexplicable, l’incertitude du dénouement, l’impact des psychés individuelles, sans oublier bien sûr, les frottements entre cultures américaines et européennes.
A la suite d’un de ses nombreux séjours à Venise, l’auteur publie, en 1880, Les papiers de Jeffrey Aspern, un livre que l’on peut qualifier de court roman ou de longue nouvelle.
Le narrateur est un homme de lettres américain. Il se prétend l’éditeur et l’exégète d’un poète américain, Jeffrey Aspern, prématurément disparu après avoir eu son heure de gloire littéraire et de succès féminins en Europe dans la première partie du siècle. Notre narrateur, dont tu ne connaîtras, lectrice, lecteur, ni le nom ni le prénom, est à la recherche obsessionnelle de manuscrits du poète : des lettres, des vers, voire les esquisses d’un ouvrage inédit…
Selon la rumeur, en effet, Aspern aurait laissé des « papiers » à une femme qui avait été le grand amour de sa vie, une ancienne beauté américaine, du nom de Juliana Bordereau. Désormais très âgée, celle-ci a choisi de terminer ses jours à Venise. Elle vit retirée dans un palais délabré, desservi par un canal excentré, en la seule compagnie d’une nièce, Tina, une femme célibataire entre deux âges, d’aspect et de caractère insignifiants.
Sachant que son associé anglais s’était vu notifier une fin de non-recevoir par la vieille dame, notre homme va chercher par tous les moyens à avoir accès aux papiers et, si possible, à se les approprier. Mais il trouvera en Mrs Bordereau, en dépit de son grand âge et d’une santé déclinante, une interlocutrice intraitable, malicieuse et même quelque peu perverse. Pour contourner la difficulté, il s’efforcera de jouer les galants auprès de miss Tina, plus facile à manipuler… ce qui le conduira à affronter une situation qu’il n’aura pas anticipée…
Certes on ne croise ni canots à moteur ni hordes de touristes dans la Venise dépeinte par Henry James. Pourtant, les pérégrinations des personnages du roman dans le vieux palais et sur les canaux n’ont curieusement pas pris une ride en cent cinquante ans. Elles ont le même charme qu’aujourd’hui.
Ce n’est malheureusement pas le cas du style de l’écriture, que j’ai trouvé démodé. Les situations relatées par l’auteur se lisent avec une lenteur parfois exaspérante. Selon moi, il a abusé de formulations complexes, de propos flous, de doubles négations au conditionnel et d’imparfaits du subjonctif, dans de longues phrases grammaticalement irréprochables, mais qui nuisent gravement à la fluidité du texte. Peut-être affectionnes-tu les charmes désuets de la littérature ancienne, lectrice, lecteur ; tu en as le droit et tu seras alors d’un avis différent du mien. En ce qui me concerne, je me suis à plusieurs reprises assoupi en pleine page.
Reste la maîtrise du suspense, matière dont Henry James passe pour être un précurseur des spécialistes contemporains. Il est vrai, dans Les papiers de Jeffrey Aspern, que les relations entre les protagonistes sont particulièrement intrigantes et qu’il faut attendre la dernière page pour savoir — ou savoir qu’on ne saura pas — ce qu’il en est de l’existence des fameux papiers et de l’issue des manœuvres du narrateur. Mais finalement, était-ce vraiment important ?
GLOBALEMENT SIMPLE oo J’AI AIME… UN PEU
Roman d’Henry James déjà critiqué : Washington Square.
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