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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Et moi, et moi...émoi !

Publié par Alain Schmoll in Littérature

Septembre 2017

11 - La centième !

100 romans, 100 chroniques depuis la création de ce blog, il y a un peu plus de deux ans !

Un chiffre rond, c’est juste un symbole. Je n’ai pas changé depuis la 99ème et je serai encore le même, du moins je l’espère, pour la 101ème. Mais un chiffre rond, ça parle toujours. Comme un cri enfantin d’autosatisfaction. Comme l’aveu du franchissement d’une étape. Mais une étape vers quoi ?... Des suggestions ?...

 

Sachant que mon activité professionnelle n’a rien à voir avec la littérature ni avec l’édition, reconnaissez qu’il m’a fallu de la détermination pour arriver à ce chiffre, en m’astreignant à lire et à publier avec régularité. Même si c’est toujours avec plaisir que l’ai fait et que je continue à le faire.

 

Pour ma centième, le hasard m’a fait critiquer un livre qui n’est pas mon genre habituel de lecture. Une manière inconsciente de renouveler ma volonté de diversifier mes choix de romans. Que des romans, mais des romans de tous genres, de toutes origines et de toutes époques. Je ne veux pas me limiter aux nouveautés, je ne cherche pas à être le premier à donner un avis sur un livre qui vient de paraître. Les romans de qualité sont intemporels, peu importe la date de leur première publication. Même les grands classiques ne sont pas démodés.

 

Merci à ceux qui m’indiquent des titres. Continuez vos recommandations. Même si je ne les ai pas suivies. Peut-être certaines sont-elles dans ma PAL (nota : pile à lire). Mais chaque fois que je prélève un livre sur cette PAL, il s’en rajoute deux. Il y a tellement de romans à lire !

 

Moi aussi, je vais faire une recommandation, à l’attention de ceux qui ne lisent pas de roman, parce qu’ils donnent la priorité à d’autres activités, ce qui est leur droit absolu. Voici, parmi les 100 du blog, 10 romans faciles, bien écrits, tantôt distrayants, tantôt émouvants ; des livres que tout le monde a aimés. En cliquant dessus, vous accédez à leur critique. Mais surtout, lisez-les.

 

La Daronne, d’Hannelore Cayre

Le gang des rêves, de Luca di Fulvio

La tresse, de Laetitia Colombani

Ce qu’il nous faut, c’est un mort, d’Hervé Commère

Petit pays, de Gaël Faye

L’insouciance de Karine Tuil

Et je danse aussi, de Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux

Trois jours et une vie, de Pierre Lemaître

En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

Sans oublier les trois premiers tomes de

L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante,

que vous avez juste le temps de lire avant la publication du quatrième et dernier volume, prévue en janvier prochain.

 

Continuez aussi à commenter mes commentaires, de vive voix quand nous nous parlons, par mail, ou directement sur le blog. Partager, c’est le bonheur.

 

Mai 2017

10 - Dostoïevski et les traductions

En lisant en français un auteur étranger, il nous arrive de nous demander, dans quelle mesure ce que nous lisons, correspond à ce que l’auteur a écrit dans sa propre langue. A quoi le traducteur a-t-il donné la priorité : au mot à mot du texte, au sens général des phrases, au style de l’écriture, à l'intention de l’auteur ? Il est évident qu'il n’a pas pu être fidèle à tout.

Traduire, c’est toujours trahir. Traduttore, traditore, disent joliment les Italiens... Mais c’est au russe que je pense.

Car la question de la traduction se pose tout particulièrement pour Dostoïevski. Il y a une vingtaine d’années, de nouvelles versions françaises de son œuvre firent polémique. Jusqu’alors, soucieux de nous procurer des lectures fluides, les éditeurs privilégiaient des traductions adaptées aux canons de notre culture traditionnelle, quitte à s'éloigner de celle de l’écrivain. L’auteur des nouvelles traductions, André Markowicz, fit observer que Dostoïevski avait l'habitude d'écrire avec précipitation, avec emportement, sans toujours se soucier du style, de la syntaxe, ni des répétitions. Une sorte de spontanéité véhémente que l’on pourrait attribuer aux épreuves traversées par l’écrivain, à son esprit tourmenté, à sa santé vacillante, à sa situation financière anxiogène. Dostoïevski mettait l’âme russe au dessus de tout et détestait l'élégance, notamment l’élégance à la française. (Laissons de côté son antisémitisme, c’est un autre sujet). Dans son travail de traducteur, Markowicz s’est ainsi efforcé de transposer la forme brute du texte original.

Je ne connais pas moi-même le russe. En français, je perçois bien, à titre d’exemple, la différence de tonalité entre les deux formulations suivantes : « Nous ne viendrons pas ce soir » et : « Nous, ce soir, on viendra pas ». La seconde enfreint les bonnes pratiques de la grammaire, mais incarne mieux l’esprit d’un langage jeté à l’emporte-pièce. C’est tout l’enjeu de certaines traductions.

Relire récemment Crime et châtiment m’a amené à expérimenter personnellement le sujet.

J’avais d’abord choisi la version gratuite offerte par ma liseuse (pourquoi s’en priver !). Mais après plusieurs chapitres, je ressentais comme un manque de contenu, ainsi qu’un manque de continu, si je puis m’exprimer ainsi. Les alinéas se succédaient et il me fallait parfois les relire plusieurs fois pour m’immerger dans la narration. Quelques mots m’apparaissaient même presque absurdes, en tout cas déconnectés du contexte… Une version française du roman qui se déclare libre de tous droits. « Un travail d’amateurs non rétribués » se félicite l’éditeur électronique de l’ouvrage, qui déclare vouloir « promouvoir la culture littéraire avec de faibles moyens ». Ubérisation de la traduction ?

J’ai alors téléchargé une autre version (1,95 €, au diable l’avarice !), traducteur Victor Derély, presque contemporain de Dostoïevski. Un texte plus délié, correspondant à ce que j'évoquais plus haut, une traduction traditionnelle à la française, agréable à lire, mais dégageant une sensation de platitude ; une lecture à l’ancienne, faisant remonter du tréfonds de mon adolescence comme un arrière goût de pensum scolaire.... – Je précise qu’il existe d'autres traductions de cette catégorie, mais je ne suis pas certain qu’elles existent en version électronique.

Puis, dans un élan de prodigalité inouïe, j’ai téléchargé la traduction de Markowicz, Éditions Actes Sud (14,99 € !). C’est dans cette version-là que j’ai lu l'intégralité du roman – dont je publie la critique par ailleurs sur le blog. Une version d’une expressivité puissante, à privilégier absolument. Une conviction personnelle dont je n’ai pas manqué de m’assurer en allant relire quelques chapitres dans les autres traductions.

Pour illustrer mon expérimentation, voici un extrait de dialogue, dans les trois traductions ; vers la fin du roman, Raskolnikov apostrophe le juge d'instruction enquêtant sur le crime.

Traduction ubérisée : « Mais pour qui vous prenez-vous ! s'écria-t-il. Pour un prophète ? De quel droit vous donnez-vous ces airs tranquilles et glorieux pour laisser tomber ces prophéties du haut de votre sagesse ? »

Traduction à la française : « Mais qui êtes-vous, s’écria-t-il, pour me faire ces prophéties ? Quelle haute sagesse vous permet de deviner mon avenir ? »

Adaptation Markowicz : « Mais vous, qui vous êtes, s'écria-t-il, vous aussi, vous vous posez là, comme prophète ! Du haut de quelle sérénité grandiose venez-vous m'édicter ces prophéties de grand sage ? »

A vous de juger, maintenant !

Janvier 2017

9 - Pourquoi des romans ?

Pas sérieux les romans ? Les ouvrages de fiction seraient forcément futiles ? Des historiettes insignifiantes pour tuer le temps de seniors désœuvré(e)s, des bluettes destinées à alimenter le sentimentalisme de femmes mélancoliques, ou encore des polars opportunément violents et érotiques pour égayer des mecs à la testostérone vacillante ?

Et bien moi, les livres que je lis sont essentiellement des romans. Quasiment rien d’autre ; en tout cas, pas de livre d’essais, de témoignages, ni d’études... Je suis pourtant loin d'être désœuvré et côté testostérone, tout va bien, merci.

Ce n’est pas une résolution de principe. Si l’envie m’était venue d'approfondir ma connaissance d’une spécialité, je me serais plongé dans les ouvrages diffusant les savoirs correspondants, comme pour un parcours de formation. Mais aucun sujet ne me motive au point de vouloir en devenir un expert ; une ambition dont la vanité me paraîtrait ridicule aujourd'hui à mon âge.

Sans aller jusque-là, il peut me prendre, animé d’une saine curiosité, de vouloir en savoir plus sur les idées développées dans divers domaines : sciences, histoire, économie, art de vivre et autres humanités. Il existe pour cela des livres accessibles au public, certains étant même des succès de librairie. Je pense, parmi d’autres, aux ouvrages d’un Stephen Hawking, d’un Luc Ferry, d’un Michel Onfray, d’un Alain Finkelkraut ou du nouveau venu Yuval Noah Harari... Je ne les lis pas ! Pourquoi m’infliger des centaines de pages, alors que les meilleurs passages en sont couramment diffusés dans des magazines, quand ce ne sont pas leurs auteurs, souvent de véritables stars, qui passent sur les ondes pour les commenter ?... Je me contente de chercher des synthèses sur Internet ou de consulter des collections type Pour les Nuls, plus complètes et pertinentes que le titre le laisserait entendre.

J’ose à peine évoquer les livres « écrits » par les hommes politiques, dont j’ai du mal à comprendre qui les achète. Peut-être sont-ce des fans cherchant à se confirmer que leur héros est bien l’homme providentiel qu’ils attendent... Il se peut aussi, quand ces livres « font le buzz », qu’ils soient considérés comme des cadeaux parfaits pour des invitations à dîner !

Beaucoup de vanité et de narcissisme dans ces ouvrages en forme d’essais. Le maître en la matière, Montaigne, en conclusion de son œuvre justement nommée Les Essais, avait fini par reconnaître : « je suis moi-même la matière de mon livre »

Alors, les romans ? Nombreux sont les romanciers à insérer les intrigues qu’ils imaginent dans un contexte de faits historiques, d'événements d’actualité ou de réflexion prospective. Il n’est pas rare non plus d’y trouver, en toile de fond, des éléments de critique sociale ou sociétale qui font débat. Pour être crédibles, il aura fallu à ces auteurs un travail préparatoire approfondi de documentation et d'analyse. Leur mérite aura été alors de mettre en perspective – fictive, mais réaliste – des idées développées ailleurs par des penseurs essayistes.

Ces romans seraient ainsi, pour les essais, ce que les travaux pratiques sont pour les cours magistraux. Une manière de nous faire partager des observations crédibles, le roman sollicitant notre sensibilité, notre perception intuitive, notre prise de conscience expérimentale, alors que l’essai, plus difficile d’accès, exige concentration, entendement et sens critique.

S’il est enrichissant de lire un roman à message, cela suffit-il à en faire un bon roman ? A l’inverse, un bon roman doit-il obligatoirement porter un message ?

D’un bon roman, nous attendons quoi ? Avant tout, qu’il nous passionne, qu’il nous surprenne, qu’il nous émeuve... Tant mieux s’il y a message en plus.

Comment ça marche ? Le romancier met en scène des personnages et imagine des péripéties, celles-ci étant provoquées et/ou subies par ceux-là. C’est le système scénarisé de ces interactions entre personnages et péripéties qui parvient à nous passionner, à nous surprendre, à nous émouvoir. Essentiel de bien comprendre l’âme humaine, tant pour créer des personnages cohérents, que pour avoir conscience des ressorts qui animent notre sensibilité de lecteur.

Reste le plus important, transmettre par l’écrit : concevoir l’ossature du récit, modeler les phrases, choisir les mots. Mettre en place des « effets littéraires », pour un surcroît de passion, de surprise, d’émotion. Un travail de composition d’artiste.

Un travail de composition qui doit laisser sa part à l'harmonie. Car la lecture est aussi un plaisir de perception harmonique. Affaire de fluidité, d’équilibre de l’écriture, au même titre qu’une musique et qu’une œuvre picturale. Lire une longue phrase de Proust mêlant descriptions, souvenirs, commentaires en une même unité et dans une syntaxe parfaite, offre le même ravissement que certaines toiles de Bonnard ou que l’écoute d’un chœur d’opéra de Mozart, donnant la parole simultanément à plusieurs personnages, ce qui dans la vie courante, conduirait à la cacophonie.

Septembre 2016

8 - Juste note ?

Comme je m’y étais engagé, je note les romans que je lis et que je commente. Sur une échelle de un à cinq, j’indique – dans le désordre – si j’ai aimé, si j’ai aimé un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout. Pas nouveau comme formule.

Dans quelle mesure peut-on considérer mes notes comme « justes » ?

Il m’est arrivé d’être interpellé par un ami lecteur : « tu mets 4 à tel livre ? C’est pourtant sans intérêt et déjà cent fois vu... ». En l’occurence, pas faux !

Ou à l’inverse : « vous avez mal noté tel livre, un chef d’œuvre ; vous n’avez pas compris le fond génial qui sous-tend... ». Possible !

Lors de coups d’oeil rétrospectifs sur mes commentaires et sur mes notes, il m’arrive de me dire, tout seul, que j’ai été ici trop sévère, là trop généreux. Si je devais me prononcer alors, un mois ou six mois après ma lecture, sans doute noterais-je différemment.

Dois-je pour autant changer la note que j’avais inscrite ?

Non !...  J’avais donné cette note au livre quelques jours après l’avoir terminé. C’est ainsi que je l’avais jugé, que je l’avais ressenti personnellement, à ce moment là précisément. Ce n’est certes jamais totalement objectif. Cela tient probablement compte de paramètres variables et incontrôlables, tels que mon humeur, la qualité du livre précédent, le temps qu’il fait, etc...

C’est comme ça. Il n’y a ni justesse ni justice en ce bas monde...

Quelle importance, au fond ? Ce qui compte, c’est ce que vous, vous en aurez pensé.

Addendum :

Un mot pour certains ouvrages considérés comme des chefs d'œuvre d’accès difficile.

J’ai pu faire le travail d'initiation indispensable pour en apprécier certains, à en devenir un admirateur inconditionnel. J’ai ainsi commenté et adoré Le bruit et la fureur, de Faulkner, Feu pâle de Nabokov. Je pense aussi à l’ensemble de « La recherche », de Proust, à Ada ou l’ardeur, de Nabokov –  encore lui ! –, à Confiteor, de Jaume Cabré…

A première lecture, j’aurais pu juger ces romans incompréhensibles et rebutants.

Je me sens donc dans l'obligation de nuancer mon jugement négatif sur Le roi des aulnes, de Michel Tournier, peut-être aussi sur La conjuration des imbéciles, de J. Kennedy Toole. Le nombre et la qualité de leurs admirateurs me font douter de mon appréciation. Je dois reconnaître que je n’ai pas accordé à ces livres l'investissement intellectuel qu’ils auraient probablement mérité.

Problème de circonstances, d’envie, de disponibilité.... A revoir à l’occasion !

Juillet 2016

7 - Lire en vacances

Certains ne lisent que pendant les vacances.

Je les comprends, c’est ce que j’ai longtemps fait. Que lire alors, quand arrivent ces vacances ? Réponse simple : ce qui nous fait vraiment envie... La diversité des publications est infinie. Il y en a pour tous les goûts.

D’un côté, il y a la littérature. Littérature de récit : romans, récits historiques, biographies... Littérature d’idée : essais, ouvrages scientifiques, économiques... Littérature poétique, etc, etc...

De l’autre côté, les supports écrits n’ayant d’autre ambition que de distraire simplement, de faire rire ou pleurer, ou encore d’impressionner, d’effrayer, d’exciter... : bandes dessinées, historiettes sentimentales, petits thrillers, ouvrages pornos, etc...

J’oubliais les publications d’hommes politiques !... Je ne sais d’ailleurs pas dans quelle catégorie les placer...

Alors que puis-je faire pour vous ? Juste témoigner de ce que j’ai pensé ou ressenti de tel roman. Peut-être vous conseiller. Ceux qui suivent un tant soit peu mon blog savent que je ne lis que des romans.

Voici trois recommandations pour vos vacances :

En attendant Bojangles, de Nicolas Bourdeaut. Une histoire d’amour déjantée, dans un style inattendu. Rire et émotion. Une jolie écriture qui se lit facilement. (Finitude, 160 pages)

Je suis Pilgrim, de Terry Hayes. Un thriller géopolitique, terrifiant et haletant, sur fond de terrorisme islamiste. Un gros pavé qu’on ne peut pas lâcher. (J.-C Lattès, 600 pages)

Purity, de Jonathan Franzen. Une vaste fresque romanesque dans l’air du temps. Journalistes d’investigation et lanceurs d’alertes. Des interrogations, les réponses à la fin. (Édition de l’Olivier, 740 pages).

Bien sûr, il y en a d’autres. Pour plus d’infos, sans quitter le blog, allez sur la rubrique Liste des romans commentés pour consulter la cinquantaine de chroniques publiées depuis dix-huit mois.

Bonnes vacances.

PS : En dernière minute, à ces trois romans, j’ajoute Plus haut que la mer, de Francesca Melandri. Un magnifique roman psychologique en forme de huis-clos, qui m’a bouleversé et dont je viens de publier la chronique. (Gallimard, 220 pages).

 

Mai 2016

6 – Pour le plaisir

Lire, écrire un commentaire... Encore lire, écrire un nouveau commentaire...Publier sur le blog, sur Babelio, notifier par mail, Facebook ... Presqu'une routine !... Est-ce une astreinte ? Un effort ?... Que reste-t-il du plaisir ?

J’ai toujours aimé les livres. En lisant des romans, des fictions, j’irrigue mon esprit en oxygène ; un esprit sollicité chaque jour par les menaces de l’actualité, par des exigences professionnelles et par l’attention que méritent mes proches.

Lire, c’est l’action et la liberté. Quand je lis, je suis maître de ce que je fais ; j’impose mon tempo, mon rythme : je suspens et je reprends ma lecture quand je le veux. Je m’arrête sur un mot, je relis des passages, des chapitres entiers, si l’envie ou la nécessité m’en vient ; je lève les yeux pour laisser libre cours à mes pensées, à mes réflexions ou à mes rêveries, tout cela sans perdre le fil. Par comparaison, regarder des films ne me procure pas ce même sentiment de liberté active.

Il y a quelques mois, dans cette même rubrique, j’avais expliqué pourquoi je m’étais mis à écrire des chroniques de lectures. A mon sens, les livres  ne méritent pas d’être réduits à des plaisirs éphémères et jetables, à consommer à la chaîne. Qu’ils me plaisent ou pas, ce sont des créations artistiques. Pour les ancrer dans ma mémoire, il me faut prendre la plume – ou plutôt le clavier et la souris ! – et mettre mes impressions par écrit.

Ecrire ne me vient pas naturellement. Cela me demande de l’effort, du temps, du travail. Je corrige, je coupe, je restructure, je modifie. Et quand je juge enfin mon texte publiable, je ressens comme un soulagement, peut-être même un accomplissement. De la fierté, aussi. Pas de ce que j’ai écrit. La fierté d’avoir osé ; à chaque fois.

Le plaisir est bien là, avivé par l’effort. Plaisir de lire, plaisir d’écrire. Mais qu’en est-il, objecterez-vous, lorsqu’un livre ne me plaît pas ? Et bien je me console en me réjouissant d’avance de la chronique que j’écrirai et des bons mots que mon mauvais esprit me soufflera.

Les romanciers me fascinent. Sans autre outil que leurs mots, ils nous font entrer dans leur univers d’illusion. A m’en tenir à la quantité de romans publiés, ils sont incroyablement nombreux. Tous n’ont pas du talent. Mais tous ont osé...

 

Mars 2016

5 - Facile ou difficile ?... J'ai aimé ou pas ?...

Il m'arrive qu'un(e) ami(e) me dise, en substance : pas mal, ton blog, mais moi, je ne lis pas du tout les mêmes livres que toi ; sous-entendu : je ne suis pas un intello comme toi.

Je suis loin d'être un intello ; je ne lis que des romans, des ouvrages qui mêlent divertissement et culture. Certes, à force de lire et de commenter par écrit, je peux aujourd'hui aborder des textes difficiles en y prenant du plaisir.

Il arrive que mes ami(e)s se sous-estiment ; leurs qualités sont pourtant manifestes ; dans l'ensemble, mes lectures sont à leur portée.

Pour mieux les orienter, au bas de chaque commentaire de livre, j'indiquerai désormais mon appréciation sur sa facilité ou sa difficulté d'accès. Ce sera forcément une appréciation très personnelle et subjective ; évidemment discutable. 

Elle sera notée sur le modèle des codes de couleur des pistes de ski :

Vert : livre facile

Bleu : livre globalement simple, quelques difficultés ou longueurs isolées

Rouge : livre difficile

Noir : livre très difficile et exigeant, pour lecteurs avertis.

Et pour ceux qui trouvent que mes commentaires ne sont pas assez tranchés et qu'on ne sait pas toujours clairement si j'ai aimé ou pas, je serai désormais explicite sous la forme suivante :

J'ai aimé   OOO

J'ai aimé... un peu   OO

J'ai aimé beaucoup   OOOO

J'ai aimé passionnément   OOOOO

J'ai aimé... pas du tout   O

Janvier 2016

4 - Un an...

Cela fait maintenant un an que j'écris une critique de chaque roman que je lis. En 2015, 31 ouvrages.

C'est à la fois peu et beaucoup...

31, c'est peu au regard du nombre de romans nouveaux, récents et anciens que je voudrais lire ou relire. En comptant les parutions d'une seule année – même limitées à celles qui m'attirent –, j'ai le sentiment, chaque fois que je ferme un livre, d'en avoir toujours autant à lire… Sisyphe !... Mais Sisyphe heureux, pour reprendre l'expression de Camus ; car quelle importance ?

31, c'est beaucoup pour moi, car écrire la critique d'un livre peut me prendre autant de temps que sa lecture. Et cela reste une activité de loisir limitée aux temps libres que m'octroie ma vie professionnelle.

Réflexion stratégique : parmi mes 31 romans de 2015, 16 datent de l'année, 13 des années récentes, 2 sont des classiques du vingtième siècle (et sont des relectures). En 2016, j'essaierai d'augmenter ce dernier chiffre, quitte à être plus sélectif sur les parutions de l'année.

Si je me réfère aux notes que j'ai attribuées (site Babelio), il n'y a que 5 livres qui ne m'ont pas plu. Mais pas de regret, j'avoue me délecter à rédiger la critique d'un livre que je n'ai pas aimé ; mon sadisme dans l'écriture l'emporte sur mon masochisme de lecteur.

Un point sur la liseuse et la lecture numérique. Je m'y suis très bien habitué, avec toutefois le sentiment diffus de lire plus lentement ; aucune importance, après tout, le plaisir est là. Et puis c'est très pratique, notamment en vacances. Un inconvénient : impossible de prêter un livre pour inciter un proche au partage d'une lecture !

Un aveu : j'ai à plusieurs reprises éprouvé le besoin d'entrer dans une librairie pour voir en vrai, soupeser et feuilleter les livres numériques que j'avais lus.

Novembre 2015

3 - Mue !... Transformation, si vous préférez...

J’ai déjà expliqué que mon rapport à la lecture avait évolué depuis que j’écris et publie des commentaires. Ma mue se poursuit : sur les conseils d’amis éclairés, j'ai acheté une liseuse électronique. C'est mon rapport au livre qui change désormais.

Avec La septième fonction du langage et Le chardonneret, j'ai lancé ma bibliothèque numérique. Ma bibliothèque "papier" ne bougera plus. Ça tombe bien, elle est pleine, archipleine. Sur les étagères, les brochés Gallimard et Grasset – que je contemple avec un brin de contentement même si je n'ai pas une âme de collectionneur – sont tellement serrés qu'il est difficile d'en sortir un ; quant à le remettre en place !... Pareil pour les folios, accumulés dans les années 80, et dont je n'ai gardé que les œuvres majeures, les autres se morfondant dans des cartons à la cave, ignorés du monde insoucieux. On ne jette pas les livres "papier"...

Et le livre numérique, que m’inspire-t-il en première approche ? Rien de plus simple que l'acquisition d'un ouvrage : envie d'un titre, trois minutes maxi, et c'est prêt à lire ! A voir à l'usage si c'est un avantage ou un inconvénient. Oublier ce qui pourrait s'appeler la "jauge", avec prise en main : plus de possibilité de soupeser, d'examiner, de feuilleter ; plus d'appréciation a priori telle que : gros livre pour les vacances, petit livre pour le week-end, c'est écrit petit, les pages sont denses, etc...

Je me suis facilement adapté au mode de lecture. Un peu troublé au début par l'absence de numéro de page – quand on peut varier la taille des caractères, des interlignes et des marges sur un écran fixe, il n'y a plus de pagination –, je me suis habitué au numéro d'"emplacement". J’éprouve un sentiment de grande concentration dans ma lecture ; c’est peut-être dû au fait que j’ai sous les yeux un écran unique, au lieu d’avoir dans mon champ de vision les deux pages du livre ouvert ainsi que la perception du volume des pages lues et à lire. Il faut dire que la liseuse est extrêmement légère et que cela rend très agréable la lecture dans la durée, à comparer au maniement de certains bouquins très lourds qui exigent des changements de position selon qu'on lit une page droite ou gauche. Enfin, un avantage important pour l'insomniaque que je suis, la possibilité de lire la nuit sans allumer la lumière.

Premières impressions positives, donc. Rendez-vous dans trois mois pour faire le point.

Septembre 2015

2 - Evolution

Prétextant le manque de temps, j'avais jusqu'à présent comme principe de ne lire que pendant mes vacances. En prévision, j'achetais un paquet de livres, comme pour réparer une abstinence honteuse. J'en enchaînais la lecture avec frénésie, passant directement de la dernière page de l'un à la première du suivant, comme un gros fumeur qui allume chaque cigarette avec le mégot de la précédente ou un boulimique qui engloutit sans respirer une série d'éclairs au chocolat.

De chaque livre, je ne gardais ainsi que le plaisir de sa découverte, plaisir instantané et éphémère dont l'effet était d'enrayer l'ancrage dans ma mémoire du livre précédent.

Il y a ainsi dans ma bibliothèque des livres dont le titre et l'auteur ne me disent rien. Depuis quand sont-ils là ? Les ai-je lus ?... Je ne sais pas !

Récemment, j'en ouvre un, me mets à lire. Aussitôt, je sais que je l'ai déjà lu. Page après page, au fur et à mesure de ma lecture, je reconnais le récit, me souviens même de mon ressenti ; sans pour autant être capable de reconstituer la suite de l’histoire. C’est comme en musique avec une œuvre qu'on a déjà écoutée ; on peut la fredonner en même temps qu'on l'écoute, on peut parfois anticiper une ou deux mesures à venir, mais on n'est pas capable de reconstituer l'ensemble.

Ce n’est pas grave. Relire un bon livre est toujours un plaisir. Mais ça va effectivement mieux en l’écrivant ! Depuis que je commente mes lectures, avec ce blog, mon rapport même à la lecture a changé.

J'ai donc décidé de continuer à lire tout au long de l'année. Pas au même rythme que pendant les vacances, certes. Mais prendre 1 heure ou 2, la nuit ou le week-end, pour avancer dans un roman, cela ne pose pas de problème. De même pour écrire le commentaire. On trouve toujours le temps de faire quelque chose qu'on a vraiment envie de faire. 

Juin 2015

1 - Présentation

J'aime la littérature, surtout les romans. Mon activité professionnelle me laisse peu de temps pour lire, mais j'ai mes vacances et quelques week-ends, d'autant plus que je ne fais ni golf, ni tennis, ni ski, ni bateau, ni aucun sport chronophage ; je ne joue pas non plus au bridge, ni à aucun jeu. Mes temps libres, je les consacre à la lecture.

Des centaines de romans qu'avec les années j'ai eus entre les mains et que j'ai souvent lus avec plaisir, il reste peu de traces dans ma mémoire. Il arrive même que je ne me souvienne même pas si j'ai lu tel ou tel titre. C'est dommage, il faut que cela change.

Et donc, ça va mieux en l'écrivant ! C'est le nom de ce blog où je consigne depuis le début de l'année, un commentaire sur chaque roman que je lis. Car encore faut-il le lire avant ! Je le fais pour des ouvrages actuels ou récents, et aussi pour des plus anciens que je relis 10, 20, 40 ans après.

Ce sont mes impressions que j'écris, en aucun cas un résumé. Je les publie aussi sous le pseudonyme d'Archie sur le site de lecture Babelio.com. Si mes écrits vous éclairent pour un choix de lecture, tant mieux. S'ils vous incitent à me faire part de votre propre ressenti, c'est avec plaisir.