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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Purity, de Jonathan Franzen

Publié le 8 Juin 2016 par Alain Schmoll

Juin 2016

Voilà un très long roman, comportant les ingrédients qu’il faut pour en rendre la lecture tour à tour distrayante, intéressante, surprenante, amusante, oppressante, captivante... J’aime absolument !

Arrêtons là les qualificatifs et penchons-nous sur le titre : Purity ! Le mot anglais pour pureté ; conservé tel quel dans l’adaptation française du livre ! Un titre qui pourrait faire craindre un ouvrage engagé, militant, ennuyeux. Ce n’est pas le cas. Purity est le prénom véritable de l’héroïne du roman, celle qu’en fait, tout le monde appelle Pip. Comment peut-on s’appeler Purity ? Même aux Etats-Unis !... Sa mère n’avait pourtant pas choisi ce prénom par pur hasard...

Pip n’a eu comme famille que sa mère, une femme étrange, au caractère tourmenté, qui vit seule pauvrement dans un coin isolé de Californie, depuis qu’elle a quitté son mari, quelque temps après la naissance de sa fille, précise-t-elle. Un homme à fuir absolument et définitivement, proclame-t-elle lorsque Pip l’interroge.

Pip a vingt-trois ans. C’est une jeune femme tout à fait charmante. Ouverte, libre, franche, généreuse. Intelligente mais naïve. Séduisante malgré un manque de confiance en elle. Depuis la fin de ses études universitaires, elle travaille, un job ni passionnant, ni rémunérateur. Les temps sont durs pour les jeunes d’aujourd’hui, notamment pour Pip, qui avait souscrit un prêt étudiant de cent trente mille dollars qu’il lui faut désormais rembourser. Elle s’est mise en tête que la seule personne qui pourrait l’aider à se libérer de cette dette est son père, qu’elle veut retrouver, alors qu’elle ne l’a jamais vu et qu’elle ne connaît même pas son nom... Telle est sa quête !... Bien des choses auront changé pour elle à la fin du livre.

Le deuxième chapitre nous ramène vingt-cinq ans en arrière, à Berlin-Est, peu de temps avant la chute du Mur. Andreas Wolf est un jeune homme au physique avantageux, consommateur de jolies filles et d’images pornographiques. Bien que fils unique d’apparatchiks très privilégiés d’une « démocratie populaire » à bout de souffle, il joue de son charisme pour se poser en contempteur d’un régime qu’il juge fondé sur une hypocrisie ridicule et terrifiante.

Rebelle dans l’âme, porté par un ego démesuré, Andreas deviendra plus tard un lanceur d’alerte célèbre et hors-la-loi, à la manière d’un Julian Assange ou d’un Edward Snowden. Réfugié en Bolivie dans un coin de montagne paradisiaque où il est assisté de groupies aussi belles que dévouées, il entretient sa légende et pilote une cyberorganisation très efficace, le Sunlight Project. Très intelligent, opportuniste et manipulateur, il restera toutefois marqué par un péché originel, un acte criminel dont il redoute la découverte, ce qui le rend paranoïaque par instant. Une paranoïa qui menacera de s’aggraver et de l’engloutir... Entre temps, pourra-t-il aider Pip à retrouver son père ?

Deux autres personnages émergent dans l’intrigue. Tom, un patron de presse d’investigation, sérieux et ambitieux ; un type bien, dont la vie privée n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Et Anabel, la fille d’un industriel multimilliardaire, une femme belle et brillante, mais psychotique, délirante, destructrice et autodestructrice.

Tous ces personnages partagent une particularité : une forme d’exigence envers soi-même, chacun à sa manière ; la détermination – dangereuse ou velléitaire – de respecter scrupuleusement des convictions de base, comme s’il s’agissait de se convaincre de sa pureté personnelle. Mais défendent-ils un idéal ou l’image qu’ils veulent avoir d’eux-mêmes ?

L’intrigue est complexe et l’auteur n’en dévoile les nœuds qu’avec parcimonie, pièce par pièce, comme un puzzle, au fil de sept chapitres non chronologiques, dans lesquels je me suis laissé promener de façon très plaisante sans toujours savoir très bien vers quoi on me menait : tantôt à méditer sur la morale du journalisme d’investigation et du lancement d’alerte ; tantôt à réfléchir sur les limites de la démocratie ; tantôt encore à épier les intermittences du désir entre une jeune femme et un homme ayant l’âge d’être son père ; parfois juste à observer Pip s’enchanter de la richesse des odeurs tropicales dans les vallées boliviennes...  Et aussi à suivre les remous d’une histoire d’amour et de folie ; un amour fou, hors de toute limite de temps et d’exigence – de pureté, notamment –, et qui déferle en haine, en envie de faire mal, de détruire, de se détruire.

Tout cela a-t-il un sens ? Soudain, dans un dialogue, à mi-parcours du livre, une lueur. Est-ce une piste, un fil conducteur ? Viendront finalement des révélations surprenantes ; des circonstances pouvant apparaître comme des hasards n’en sont pas... L’histoire s’achève dans une atmosphère de paix, de bonheur possible. Ou presque, mais tant pis pour ceux qui s’en excluent. Et quel dommage pour le lecteur que ce soit la fin de ce roman magistral. 

  •  DIFFICILE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT
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Le livre des Baltimore, de Joël Dicker

Publié le 16 Mai 2016 par Alain Schmoll

Mai 2016,

Pour le résumer en quelques mots, Le livre des Baltimore est la chronique d’un « Drame » annoncé, sur fond de grandeur et chute d’une famille. Sa lecture me laisse partagé et j’ai du mal à donner un avis personnel clair. Mais en rédiger la critique m’a amené à des réflexions intéressantes.

Comment exprimer mon ressenti ?... Un cocktail très savamment composé : sur un lit de belles demeures en Amérique, on verse une bonne dose d’histoires de famille, on ajoute une croustillante saga amoureuse entre une star de la chanson et un écrivain célèbre, on glisse un zeste de manœuvres financières à gros chiffres, on complète en délayant avec des détails insignifiants et des dialogues creux, puis on sert garni avec un Drame glacé... Et si ça devient fade, on réveille par une pincée de formule en « cliffhanger » (en suspense si vous préférez…).

Voilà, je me suis laissé aller à ma méchanceté naturelle... A tort. Car pour le lecteur, le résultat est plutôt agréable. Le livre des Baltimore est un roman facile, confortable à lire ; disons que c’est un texte flatteur. Les profils des personnages sont intéressants, ... un tout petit peu caricaturaux ; les analyses psychologiques plutôt bien vues, ... parfois poussées à l’extrême ; les péripéties variées et excitantes, ... certaines étant toutefois prévisibles ; et l’histoire d’amour à la « je t’aime moi non plus » fera poindre une larme à l’œil des plus romantiques.

C'est ce que d’aucuns appelleraient : un livre qui ne prend pas la tête... Et pourquoi pas ? Mieux vaut de la littérature facile que pas de littérature du tout... Débat sans fin sur le rôle de l’écrivain : est-il de nous divertir en flattant notre désœuvrement ? est-il de nous entraîner malgré nous vers des horizons à découvrir ? Quand ils divergent, les deux chemins méritent le respect. Quand ils se rejoignent, cela peut donner de la grande littérature.

L’auteur, le jeune, brillant et médiatique Joël Dicker, n’a jamais caché son envie de séduire le plus grand nombre. Pour Le livre des Baltimore, il a élaboré un roman à vocation de best-seller, comme un professionnel du marketing ou, pour reprendre ma référence au cocktail, comme un barman parfaitement maître des ingrédients qui enchanteront les papilles gustatives de ses clients.

Il faut du talent pour cela. L’auteur n’en manque pas et il ne manque pas non plus de culture littéraire. Comme dans son ouvrage précédent – La vérité sur l’affaire Harry Quebert –, il met en scène son double, Markus Goldman, un jeune écrivain à succès, beau, riche, bienveillant, en train de préparer son prochain opus. Il ne faut pas chercher pour autant de lien entre les deux romans. Ce n’est qu’un artifice littéraire – quelque peu narcissique !... – en forme d’hommage à Philip Roth, le grand romancier américain qui introduit régulièrement dans ses ouvrages, son double, son alter ego, un nommé Nathan Zuckermann.

Pour conclure, si vous avez lu La vérité sur l’affaire Harry Quebert, rappelez-vous le précepte du vieil écrivain : « un bon livre est un livre qu’on regrette d’avoir terminé ». Je souscris pleinement à cette déclaration, mais je ne donnerai pas ma position personnelle sur ce cas précis. A chacun de déterminer ce qu’il ressent après avoir refermé Le livre des Baltimore... Encore faut-il le lire avant !

  •  FACILE     ooo   J’AI AIME
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Je suis Pilgrim, de Terry Hayes

Publié le 12 Mai 2016 par Alain Schmoll

Mai 2015

Le sujet central de ce roman volumineux est la préparation d’un attentat bactériologique de très grande envergure contre les Etats-Unis, un attentat méticuleusement concocté pendant plusieurs années par un djihadiste inconnu et solitaire, extrêmement déterminé, et que les services spéciaux américains, incidemment alertés, vont s’efforcer de faire échouer.

Une affaire terrifiante ! Un vrai thriller !

Face à face, deux personnages au parcours hors norme, des « machines de guerre » à eux tous seuls, des manipulateurs qui se sont rendu impossible à identifier et à localiser.

D’un côté, celui que, faute de mieux, on nomme « le Sarrasin ». D’origine saoudienne, son parcours et sa psychologie sont très représentatifs du terrorisme islamique du tournant du siècle, fondé sur une haine recuite de l’Occident et forgé dans les montagnes d’Afghanistan. Un djihadisme sacrificiel mobilisateur pour des Arabes du Moyen-Orient bien éduqués, investis en toute conscience dans un Islam fondamentaliste et rigoriste, en quête de coups d’éclat pour faire reconnaître sa puissance.

En face, pour tenter de le mettre en échec, un as des services de renseignement américains, porteur de multiples identités ; nom de code : Pilgrim. Un agent secret à mi-chemin entre le héros mythique du type James Bond et l’occulte fonctionnaire dévoué qui cherche à passer inaperçu. Pas de « Pilgrim Girl », donc ! Pas d’Aston Martin non plus, plutôt des voitures de location banales. Un homme dont on ne sait pas à quoi il ressemble physiquement. Auteur d’un ouvrage de référence en criminologie. Un guerrier dur, solide et résistant, porteur aussi de valeurs, d’émotions, de doutes, même s’il donne la priorité à la raison d’état et à sa mission.

Des péripéties trépidantes, des attentes interminables, des rebondissements à couper le souffle, des coups de chance, des coups de malchance... Quelques scènes d’une violence insoutenable... En tant que thriller, Je suis Pilgrim est une incontestable réussite. J’ai marché à fond ! Pourtant, je n’ai pas imaginé une seule seconde que l’attentat pourrait réussir, que le livre pourrait se terminer en cauchemar, en apocalypse... Pourquoi alors ma tension a-t-elle autant palpité, chapitre après chapitre ? Sans doute est-ce dû au talent de l’auteur, Terry Hayes, un scénariste de renom dont c’est le premier roman. Il s’y entend pour ménager ses effets.

Pour raconter l’histoire, Hayes donne la parole à Pilgrim. C’est un narrateur volubile, qui n’hésite pas à enrichir son récit par des digressions : des réflexions, des souvenirs, des émotions... Son langage est simple, direct, clair. Un semblant de transparence qui pourrait faire croire au lecteur qu’il en sait à tout instant autant que lui. Mais Pilgrim ne nous dit pas tout, en tout cas pas tout de suite, et pas dans l’ordre logique... Les événements s’articulent au final dans une forme de puzzle plus complexe qu’il n’y paraissait... Et tout ne se passe pas comme annoncé...

Le roman est d’une grande cohérence, tant par l’enchaînement de la fiction – avec quelques heureuses coïncidences ! – que par son ancrage dans la géopolitique du début des années 2000, marquée par le développement du terrorisme islamique. Le livre met en exergue la puissance de la technologie maîtrisée par les Américains et leurs alliés, face à l’intuition et la capacité d’analyse d’un terroriste isolé.

A mettre en perspective avec le djihadisme d’aujourd'hui. Le big data développé par les Occidentaux sera-t-il suffisamment efficace pour anticiper et contrecarrer les projets d’une organisation comme Daech, qui dispose elle aussi de moyens technologiques considérables ?... Préoccupant !...

GLOBALEMENT SIMPLE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

 

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Les piliers de la terre, de Ken Follett

Publié le 26 Avril 2016 par Alain Schmoll

Avril 2016,

N’ayant jamais lu Ken Follet, au grand dam d’amis amateurs inconditionnels de cet auteur, je me suis lancé dans Les piliers de la terre.

Impressionnant par son épaisseur, le livre se présente comme une grande fresque romanesque, sur fond historique de guerre civile dans l’Angleterre du douzième siècle. Une sorte d’épopée inspirée par le projet de construction d’une cathédrale dans le petit bourg de Kingsbridge, et dont les péripéties, portées par un petit noyau de personnages principaux, se développent sur plusieurs décennies.

Parmi ces personnages, il y a Philip, le prieur du monastère, commanditaire du projet, véritable autorité locale tant spirituelle que temporelle, Tom dit « le bâtisseur », maître d’œuvre de la construction, Jack, qui lui succèdera, ainsi qu’Ellen et Aliena, deux femmes dont la beauté suscite désir et amour et dont la forte personnalité rayonne sur leur entourage. Tous ceux-là sont les « Bons ». Ils débordent de sentiments nobles ; ils sont bienveillants, justes (mais sévères !), francs, loyaux, courageux ; ils s’attachent au bonheur de leurs proches. Dans leurs luttes pour la réussite du projet et la survie de Kingsbridge, ils font parfois preuve de naïveté, mais avec le temps, ils progressent en lucidité et déjouent finalement la plupart des machinations ourdies contre eux...

En face, les « Mauvais », autour de William et de l’évêque Waleran. Opposés à la construction de la cathédrale, ils se montrent haïssables du début jusqu’à la fin. Ils n’obéissent qu’à de viles motivations : la cupidité, la vanité, la jalousie, la vengeance... Ils sont sournois, lâches, dénués de pitié (sauf envers eux-mêmes), dominés par des pulsions qu’ils sont incapables de dominer. Ainsi sont-ils fréquemment en train de blêmir, bouillir, bouillonner, écumer ou étouffer de fureur, de rage, de haine ou de honte... Le lecteur attend fébrilement qu’ils soient durement châtiés... Patience !...

L’ouvrage, très long, est d’une grande cohérence et le fil des péripéties très facile à suivre. L’écriture est claire et transparente. L’auteur en accélère habilement le rythme lors des moments dramatiques ; je m’y suis volontiers laissé prendre, ma tension augmentant avec l’amoncellement des épreuves et des menaces sur les « Bons », puis se détendant lors des passages plus paisibles. Mais l’intensité baisse avec la répétition. Dans la dernière partie, les offensives lancées par les « Mauvais » laissent un arrière-goût de déjà vu... Même plus peur !!...

Le livre – c’est l’un de ses mérites ! – offre une bonne évocation de la vie quotidienne au Moyen Âge, mais j’ai trouvé excessive et fastidieuse la profusion de détails documentaires sur l’architecture, le négoce ou l’artisanat. J’ai eu l’impression de lire des scripts collectant des indications descriptives de mises en scène...

J’ai été agacé par certains passages, notamment quand l’auteur explicite – et rabâche ! – la psychologie des personnages, leurs réflexions ou leurs états d’âme, avec tellement de détails simplistes évidents que cela donne le sentiment qu’il dénie toute finesse à ses lecteurs au point de devoir coûte que coûte leur mettre les points sur les i !

Il manque pour moi, dans ce livre, un peu de poésie, de profondeur et de mystère. Au final, Les piliers de la terre est un bon gros livre d’aventures, qui se lit facilement avec une émotion et un intérêt réels, mais dont les effets s’atténuent graduellement au fil des chapitres.

FACILE     ooo   J’AI AIME

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La conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole

Publié le 24 Avril 2016 par Alain Schmoll

Avril 2016,

La conjuration des imbéciles, roman dont l’écriture et la publication ont fait l’objet d’aléas pour le moins... romanesques – j’y reviendrai –, a été un très grand succès de littérature, aux Etats-Unis puis dans le monde entier. De nombreuses critiques actuelles restent dithyrambiques. Cela m’avait donné envie de le lire.

Je le dis tout net, je n’ai pas aimé ce livre ; mais pas du tout, du tout ; je ne l’ai même pas terminé, malgré mes résolutions de toujours aller au bout de mes expériences (*)

Ce n’est pas pour autant que je n’ai rien à en dire...

Un roman au parcours romanesque. L’écriture de ce gros bouquin date du début des années soixante. N’ayant pu trouver d’éditeur, son auteur, John Kennedy Toole, se suicide à l’âge de trente deux ans. Sa mère parvient à le faire publier en 1980 et il obtient le prix Pulitzer l’année suivante à titre posthume. Bravo !

Le livre narre les tribulations quotidiennes d’Ignatius Reilly, un marginal vivant avec sa mère à la Nouvelle Orléans. C’est un géant obèse, habillé ridiculement, sans-gêne, provocateur, scatologique, mais intelligent et érudit. Une sorte de Gargantua impécunieux, sans les aspects sympathiques du personnage de Rabelais. Ignatius croit en son génie, vilipende l’évolution de la société américaine, méprise ses congénères et s’emploie à donner des leçons à tout un chacun...

J’imagine que l’auteur s’est quelque peu transposé dans son personnage. Le titre de son livre est inspiré d'une formule de Jonathan Swift : « Quand un génie parait en ce bas monde, on peut le reconnaitre à ce signe que les imbéciles se sont tous ligués contre lui ».

Moi, cela me fait plutôt penser à cette blague : un automobiliste s'engage sur une autoroute. Soudain, il entend à la radio : « Attention, on nous signale un véhicule à contre-sens » ! Il s’exclame : « ce n’est pas un véhicule à contre-sens... c’est dix, c’est cent,... c’est mille !... »

De quel côté suis-je moi même : imbécile ou à contre-sens ? Je veux bien assumer faire partie des con-jurés...

Tout m’a déplu dès le début : le style, l’humour, les personnages, les péripéties. Je sais pourtant être patient ; il y a des chefs d’oeuvre dans lesquels il faut du temps pour entrer. Là, à la moitié du livre, rien n’avait évolué. J’ai feuilleté la deuxième partie, me suis arrêté sur quelques pages... Le ton était toujours le même ; j’ai laissé tomber...

Un livre très drôle, hilarant, dit-on ? Ça ne m’a pas amusé du tout. J’ai lu dans une critique une référence à Gros dégueulasse, un personnage de Reiser. J’y trouve comme une idée... Après réflexion, ce livre me fait l’effet d’une BD sans les illustrations : juste un empilage des textes des bulles et des récitatifs... Peut-être aurait-il fallu un illustrateur de talent pour que La conjuration des imbéciles me fasse rire comme un ouvrage de Reiser ou de Binet (pas Laurent, Christian, celui des Bidochons).

(*)

Je précise que La conjuration des imbéciles ne figure pas au catalogue de ma liseuse et qu’on ne le trouve qu’en collection de poche : 530 pages dans une typo très petite et serrée. C’est très désagréable et fatigant à lire. La lecture, c’est  pour le plaisir, non ?

DIFFICILE     o   J’AI AIME… PAS DU TOUT

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Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre

Publié le 5 Avril 2016 par Alain Schmoll

Avril 2016

Trois jours et une vie est un authentique roman policier. Joliment écrit et construit avec cohérence par un maître du genre, il porte, jusqu'à la fin, des rebondissements surprenants. Les péripéties se déroulent dans un univers chabrolien.

Nous sommes à Beauval, petit village bordé de forêts. Tout le monde se connait, depuis l'enfance. Chacun a son destin lié aux autres ; tous vivent, plus ou moins directement, d'une usine appartenant au maire. Les amitiés et les inimitiés cuisent et recuisent indéfiniment... Un village banal, quelque part en France.

Dès les premières pages, un meurtre... Il faut bien appeler les choses par leur nom. Ce n'est pas un crime crapuleux, ni passionnel, ni même intentionnel. Juste un éclair fugitif de folie furieuse échappant à Antoine, un pré-adolescent en plein désarroi. Malheureusement, Rémi, six ans, git à terre, mort... Presque un accident !

Meurtrier à douze ans. Voilà ce qu'est Antoine. Sa vie est-elle fichue ? Devrait-il passer des années en prison, subir l'opprobre de son entourage et porter au front toute sa vie une étiquette de meurtrier ? En droit, dans la vraie vie, probablement oui.

Mais moi, lecteur, je suis plongé dans un roman dont Antoine est le personnage principal. Alors forcément, même si le garçon n'incite pas spontanément à l'empathie, je prends acte de son désespoir et de ses remords ; je comprends ses efforts pour dissimuler dans les bois le corps du petit Rémi et pour échapper à toute suspicion de responsabilité dans sa disparition. Je me mets même à trembler pour lui. C'est l'aspect thriller du livre, car au fil de l'histoire, je tremblerai de plus en plus.

La disparition du petit garçon bouleverse la vie locale : la population se mobilise en masse autour des gendarmes et des édiles ; des moyens importants sont mis en œuvre pour l'enquête et les recherches, sous l'œil des journalistes et les caméras de TV braquées sur la famille en détresse. Comme tous les villageois et une partie du pays, Antoine et sa mère, –dont les relations sont empreintes de sentiments sincères à défaut d'être démonstratifs –, suivent avec anxiété les journaux télévisés et les éditions spéciales... Antoine se figure déjà que tout est découvert... Il en est malade, ... plus que malade...

Mais c'est Pierre Lemaitre et lui seul qui tire les ficelles ; il nous réserve des surprises... Les événements auraient pu se produire n'importe quand ; dans un village comme Beauval, les jours, les années se suivent et se ressemblent, rien ne bouge, la vie quotidienne est intemporelle... Mais voilà, pour l'auteur, nous sommes dans les derniers jours de décembre 1999. Le vent se lève, enfle, terrifiant !... Cris de l'enfer, voix qui hurle et qui pleure !... Tempête ! Rappelez-vous ces trois jours de terrible tempête qui ont balayé l'Europe et la France !... A Beauval et aux alentours, les dégâts et les dommages sont considérables : Il faut porter secours aux uns, en reloger d'autres...

Dans ces circonstances, est-il possible de poursuivre les recherches ? Antoine se prend à espérer... A espérer quoi ? Un sursis ? Pour quelques heures, pour quelques jours ?...

Le sujet du livre, c'est le combat d'Antoine contre lui-même, pour survivre, pour échapper à la découverte de sa culpabilité. Le sujet du livre, c'est l'angoisse insupportable, interminable d'être démasqué. Et moi lecteur, j'ai fini par passer le petit Rémi par pertes et profits, pour mieux partager l'angoisse d'Antoine.

Au final, il faudra bien qu'Antoine subisse – ou choisisse – un châtiment expiatoire. Mais lequel ? Un séjour infamant en prison ? Un exil dans une contrée lointaine et hostile ? Une vie étriquée dans un village qu'il exècre ?...

A quoi tient une destinée ? Parfois juste à une montre, perdue lors de l'"accident", oubliée ensuite, et qui réapparait à la dernière page.

FACILE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

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En attendant Bojangles, d'Olivier Bourdeaut

Publié le 29 Mars 2016 par Alain Schmoll dans Littérature, romans, critique littéraire, poésie

Mars 2016

Trouver les mots justes... Allons-y carrément : En attendant Bojangles est une merveille, un enchantement !

"C'est drôle et bien écrit, ça n'a ni queue ni tête" – c'est l'éditeur qui le dit ! – et c'est ce qui fait son charme, ajoute-t-il. Il est vrai que ce livre ne ressemble à aucun autre, même si l'on peut lui trouver, comme il est dit ici et là, un petit air de famille avec L'écume des jours, l'œuvre culte de Boris Vian, qui elle non plus, pour ainsi dire, n'a ni queue ni tête.

En attendant Bojangles est l'histoire d'un amour fou, d'un amour à la folie, d'un amour qui va au bout de la folie,... au delà même de la folie...

Un couple à la Fitzgerald...

Elle, gracieuse et élégante, femme-objet, femme-enfant, extravagante et inconséquente ; elle a choisi et envahi l'homme de sa vie... Lui, homme d'affaires rationnel et pondéré – frappé toutefois de "phobie administrative" comme certain ministre éphémère – ; il subit le charme en toute conscience, dans l'impossibilité de s'y soustraire.

Leur vie n'est que fantaisies et excentricités. Aspirés dans un maelström de fêtes déjantées, arrosées d'abondances de cocktails, pimentées de facéties suscitant rigolades et fous-rires, ils dansent jusqu'à pas d'heure sur un air de soul music qu'ils passent en boucle, Mister Bojangles, chanté par Nina Simone.  

C'est leur fils qui raconte, un petit garçon dont on ne connait ni le prénom ni l'âge. Il a quoi ?... six ans, huit ans ? Il vit intensément la vie de ses parents, observe tout, note tout, rapporte tout avec précision, sans rien omettre... Mais il interprète les événements à l'aune de sa base de références personnelles d'enfant au parcours atypique, profilé par des parents dont seules comptent leurs commodités personnelles. Effets de mots d'enfants, dont la candeur et la naïveté nous font sourire avec émotion, nous adultes, alors que nous percevons le sens réel, implacable, tragique de ce que l'enfant ne voit pas. Lui s'interroge simplement : "Comment font les autres enfants pour vivre sans mes parents ?"

Une histoire ébouriffante, à la fois gaie et triste, hilarante et bouleversante, attrayante et effrayante. J'ai un instant retrouvé les rêves de mon adolescence, les temps où j'imaginais que le bonheur passait par l'idéal, idéal du projet, idéal de l'amour ; l'âge où chaque fin de semaine, les slows entrouvraient la porte de l'espoir.

Tout au long du roman, Georges et sa femme – quel que soit son nom ! – dansent sur la mélodie mélancolique et obsédante de Mister Bojangles, un slow à l'ancienne porté par la voie grave et rauque de Nina Simone. Ecoutez cette musique, écoutez-la plusieurs fois, imprégnez-vous d'elle en lisant le livre. – On la trouve facilement sur You Tube.

Et tant que vous y êtes, une fois le livre refermé, écoutez encore Nina Simone, cette pianiste qui aurait pu devenir la première concertiste classique afro-américaine, écoutez sa voix éraillée dérailler doucement dans Aint got no, I got life, extrait de Hair, et dans Ne me quitte pas, de Jacques Brel.

Si avec tout cela – littérature et musique –, vous n'avez pas versé une larme, pas senti votre gorge se nouer,... c'est que je ne peux vraiment rien pour vous...

A voir désormais comment Olivier Bourdeaut nous surprendra et nous charmera à nouveau lorsqu'il publiera son deuxième roman !...

FACILE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT

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Saga, de Tony Benacquista

Publié le 24 Mars 2016 par Alain Schmoll

Mars 2016,

Saga, roman de Tony Benacquista, aura attendu des années dans ma bibliothèque que des circonstances m'incitent à le lire. Il m'a offert un très agréable moment de lecture.

L'intrigue de base de l'ouvrage se situe dans le monde de l'audiovisuel ; écrite il y a près de 20 ans, elle n'est en rien démodée. Aux seules fins de satisfaire à des quotas de création française, quatre scribouillards miteux sont recrutés pour écrire les scénarios d'une série télé de quatre-vingt épisodes, baptisée Saga, à diffuser au plus profond de la nuit. Mot d'ordre du producteur : écrivez n'importe quoi, personne ne regardera... Contre toute attente, un noyau de public germe, gonfle, enfle... Des passionnés font pression sur la chaîne et sur la production, les horaires évoluent vers le prime time, Saga devient un énorme succès populaire ; et même national !...

La cocasserie des situations flatte nos sens les plus élémentaires et embarque les rieurs. Aucune raison de bouder son plaisir, d'autant que les scénarios présentés sont imaginatifs, inattendus, parfois subtils. Le système de coworking très amical et solidaire dans lequel sont immergés les quatre scénaristes fait éclore leurs talents, jusqu'au moment où frappés à leur tour d'hubris et de péché de vanité, ils déclencheront un scandale hallucinant.

Au delà de cet imbroglio qui pourrait sembler rebattu, le roman ne manque pas de profondeur. Ses péripéties reprennent le mythe de la machine qui échappe à l'homme pour devenir infernale, sa morale s'appuie très concrètement sur la symbolique du boomerang et sa portée met en exergue l'incroyable force d'évocation de l'écrit, du scénario.

Je constate en effet qu'il suffit de quelques lignes écrites d'un avant-projet de scénario, pour donner instantanément réalité et sens à des personnages et à leurs actes, avec une expressivité qui ne manque pas d'éveiller ma sensibilité de lecteur. Cela me fait penser à je ne sais plus quel roman de Paul Auster, où les mots d'un personnage fictif lui permettent d'arracher à l'auteur le contrôle de la fiction... Au commencement était le Verbe, me rappellerez-vous !

Au commencement de Saga, on est dans un polar ; il y a un meurtre. L'auteur ne nous incite pas particulièrement à rechercher le coupable, mais il finit par le dévoiler dans les dernières pages, bien des mots plus tard.

Saga est un roman enlevé, amusant, plein de trouvailles et de rebondissements. Un roman joyeux, aussi ; c'est avec gaité que j'ai accompagné les parcours heureux des quatre scribouillards du début. On voit bien que le romancier est aussi, et surtout, un excellent scénariste.

D'ailleurs, où le pouvoir du scénariste s'arrête-t-il ? Le monde ne marcherait il pas mieux si les affaires diplomatiques mondiales lui étaient confiées ?... Après tout, si Dieu renonce à s'en charger ...

FACILE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

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Demande, et tu recevras, de Sam Lipsyte

Publié le 19 Mars 2016 par Alain Schmoll

Mars 2016

Demande, et tu recevras est un roman plaisant à lire, par la typologie et la psychologie des personnages qui s'y croisent dans les faubourgs de New York, à commencer par le narrateur, Milo Burke.

Demande !... Et tu recevras !... Oui mais justement, Milo n'aime pas demander... Ou il ne sait pas !.. Du coup, à 40 ans, il n'a rien à lui ; il n'a rien réussi...  C'est un raté, un looser. Jeune, il s'était imaginé une vocation pour la peinture, mais c'était juste un rêve enfantin pour un destin de star...

Milo vit de petits boulots ; il s'est laissé aller et il continue encore et encore : il boit, sniffe, mange des cochonneries achetées au coin de la rue tout au long de la journée, comme un enfant qui gaspille son argent de poche. Il ne fait des efforts que pour son fils, un petit bout de chou de 4 ans, aux réparties craquantes ; Milo en est fou. Il aime aussi sa femme, Maura, à laquelle il tient. Mais il fait tout ce qu'il faut pour la perdre ; pire, il en est conscient. Mais bon ! ... Il ne cherche plus à séduire, faire son affaire tout seul lui convient.

Des bouffées d'amertume ou des velléités existentielles l'amènent parfois à s'en prendre à l'Amérique d'aujourd'hui, à son capitalisme étroit qui pourrirait tout… En fait, il est suffisamment lucide pour s'observer – comme avec une espèce de jubilation – s'enterrer inexorablement dans le présent de sa triste existence et son absence de futur.

Pendant ses études, il avait vécu auprès de Purdy, un fils de famille riche, sur de lui et charismatique, entouré de colocataires profitant de ses largesses et de ses relations. Après avoir fait fortune par lui-même en développant et cédant une start-up, Purdy est resté fidèle à cette petite cour qui continue à vivoter tranquillement autour de lui. Milo, lui, n'a pas gardé le contact. C'est bien conforme à sa nature !

Purdy est devenu un milliardaire à l'américaine, très investi dans le mécénat culturel et les mondanités philanthropiques, en compagnie de son épouse, Melinda (tiens ! le même prénom que Madame Bill Gates...). C'est sous prétexte d'une volonté de donation à un projet universitaire que Purdy a repris contact avec Milo. Mais en fait, sa véritable intention est de confier à Milo une mission délicate et confidentielle auprès d'un fils caché d'une vingtaine d'années, revenu d'Irak gravement mutilé physiquement et psychologiquement... Trouver un compromis arrangeant pour chacun... Une opportunité de dernière chance pour Milo ?

Demande et tu recevras est un ouvrage souvent drôle, mais l'humour y est cynique, désabusé, cruel. Milo reflète la petite part d'ombre de notre propre personnalité ; son destin représente ce que nous pourrions redouter pour nous-même, notre négatif contre lequel nous luttons au quotidien, espérons-le avec succès.

Très bien traduit de l'américain parlé, assez cru et débridé, ce roman de Sam Lypsite  se lit très agréablement ; passages descriptifs et dialogues alternent harmonieusement ; le style et la syntaxe sont juste irréprochables, jamais choquants, jamais dissonants.

DIFFICILE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

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Golem, de Pierre Assouline

Publié le 6 Mars 2016 par Alain Schmoll

Mars 2016

De Pierre Assouline, je n'avais lu, ou plutôt parcouru, que deux ou trois de ses fameuses biographies. Tout le monde parlant de lui autour de moi, cela m'a donné envie de lire Golem, son dernier roman. Mon plaisir de lecture a balancé, tantôt vers le haut, tantôt vers le bas. Au final, je reste sur un avis mitigé.

Gustave Meyer, le personnage principal du roman, est un grand maître international d'échecs ; il a les aptitudes intellectuelles et mentales que cela suppose ; c'est un sexagénaire solitaire, original, amateur d'arts, qui souffre de fortes migraines et bénéficie d'un suivi médical très spécialisé pour des troubles neurologiques.

Voilà qu'on assassine son ex-femme, animatrice inflexible d'un blog d'alerte sur les dérives éthiques dans les neurosciences. Considéré par la police comme le principal suspect, Gustave Meyer décide de fuir et d'entrer en clandestinité. Il se résigne à une destinée de fuite sans fin, à l'instar du docteur Richard Kimble, le fugitif de la série TV culte dont ceux de ma génération ne manqueront pas de se souvenir.

Dans le même temps, il découvre que lors d'une intervention chirurgicale récente, des électrodes ont été implantées dans son cerveau – "à l'insu de son plein gré !..." – afin de booster sa mémoire et son intelligence. Cette prise de conscience le perturbe au plus haut point. Il se sent dépossédé de sa condition d'être humain, rabaissé au niveau d'un être sans âme, tel un Golem de la mystique juive, créé et manipulé par un aspirant démiurge. Il en vient à s'interroger sur sa conscience juive ; sa fuite tourne en quête de la mémoire des souffrances de son peuple, sur les traces des communautés survivantes de la Shoah aux quatre coins de l'Europe centrale, pour s'achever à Prague – ville qui garde le souvenir d'un Golem légendaire –, où il s'attarde dans le vieux cimetière juif... – J'en profite à titre personnel pour rendre hommage à Umberto Eco, récemment disparu.

Tout se boucle finalement dans une conjuration menée par des zélateurs du transhumanisme, des idéologues assoiffés de puissance et des financiers soucieux de rentabiliser leurs investissements dans les neurosciences, entraînés dans l'aventure par un savant génial et affairiste, psychopathe au point d'éliminer les gêneurs... Le docteur Gang et Mad mis en échec par l'Inspecteur Gadget... Le docteur Septimus démasqué par Blake et Mortimer... Les téléfilms des années soixante-dix et leurs scénarios complotistes.

Si le côté polar laisse à désirer, l'écriture en revanche est très belle ; choix juste et précis des mots et des locutions, syntaxe parfaite et élégante. La rédaction donne l'impression d'être à la fois naturelle, spontanée, tout en étant en même temps travaillée, léchée, jusqu'à frôler le maniérisme. Quand toutefois Gustave Meyer et l'auteur s'enfouissent dans des considérations mystiques trop profondes, le juif non croyant et non observant que je suis finit par se lasser et perdre le fil, l'œil mouillé de sommeil et l'esprit embrumé...

De belles évocations artistiques, en cohérence avec le livre ; Proust et ses théories sur la mémoire ; Rothko et ses champs de couleur irradiant directement le cerveau derrière la rétine ; Glenn Gould et ses fredonnements obsessionnels, comme ceux de Gustave Meyer pendant tout le roman, sur l'air de la Mantovana (ou Mantovina), une rengaine lancinante du 16ème siècle ayant servi de matière première à Smetana pour la composition de la Moldau, musique culte à Prague, elle même inspiratrice de la Hatikva, l'hymne national d'Israël.

Enfin, ne vous arrêtez pas à la question posée à la première ligne du livre : où va le blanc quand fond la neige ? Pierre Assouline donne la réponse à la dernière ligne : il va au ciel...!

  • DIFFICILE     oo   J’AI AIME... UN PEU

 

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