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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

L'amie prodigieuse, tome 1 - Enfance, adolescence, d'Elena Ferrante

Publié le 4 Août 2016 par Alain Schmoll dans Littérature, critique littéraire, romans

Août 2016,

J’ai lu coup sur coup L’amie prodigieuse, puis Le nouveau nom, qui en est la suite immédiate.

Dans un premier temps, persuadé que ces volumes formaient un seul et même ouvrage, j’avais pensé écrire une chronique unique. Puis en m’informant sur l’auteur(e), –dont personne ne connaît l’identité cachée sous le pseudonyme d’Elena Ferrante – j’appris que deux tomes restaient à paraitre, afin de compléter une saga déployée sur soixante années : l’autobiographie réelle ou fictive d’une femme de lettres dont le prénom est ... Elena ! Finalement, j’ai décidé d’écrire une chronique pour chacun des deux volumes existants et de les publier en même temps.

Années cinquante, dans un vieux quartier de Naples. Une cour d’immeubles vétustes. La misère suinte dans les cages d’escaliers, murs décrépits, plafonds tachés d’humidité, grilles de soupirail rouillées et tordues... Des familles vivent là, tirant le diable par la queue, ouvriers, employés, artisans. On parle un dialecte napolitain. Peu savent lire et écrire. Faire des études est un luxe inutile. Quelques-uns, commerçants, s’en tirent mieux ; ils savent compter, et prêtent si besoin est. Derrière leur dos, on murmure : marché noir, usure, relations mafieuses.... Aigreur, rancœurs, haines... Pourtant existe une réelle forme de solidarité et de vivre ensemble.

Au début du livre – dont le véritable titre est L'amie prodigieuse : enfance, adolescence –, deux petites filles de six ans se rapprochent pour affronter ensemble un monde qu’elles croient limité à leur cour d’immeuble et qu’elles structurent au moyen d’expressions empruntées à des adultes illettrés. Au-delà de cet horizon, elles imaginent un univers angoissant constitué d’êtres monstrueux, aux formes mouvantes et menaçantes.

Grandissant ensemble, elles vont peu à peu prendre la mesure de leur environnement et engager une amitié exclusive et complexe qui se prolongera pendant des décennies. Une amitié qui va à la fois les porter et les ronger. Chez chacune, l’admiration pour l’autre frôlera la jalousie, la bienveillance alternera avec la malveillance. Elles se rapprocheront toutes les fois qu’elles se seront éloignées. Elles ne cesseront de se soutenir et de se stimuler. Leur parcours personnel sera très différent et aucune ne prendra le pas sur l’autre.

Elena –  la narratrice – est craintive, indécise, peu sûre d’elle, mais déterminée à devenir une jeune fille sage et studieuse. Un profil un peu banal de bonne élève friande d’éloges. Grâce à l’appui d’une institutrice et malgré un contexte familial peu favorable, elle pourra tracer son chemin brillamment, à l’école, au collège, puis au lycée.

Lila est surdouée. Elle sait tout faire, avec sa tête comme avec ses mains – dès lors qu’elle en a envie ! Elle est la meilleure en tout... en attendant de devenir la plus belle ! Mais imprévisible, car fantasque, caractérielle et provocatrice, elle est capable de tout laisser tomber sur un coup de tête. Elle ne fera pas d’études et ira rejoindre l’échoppe de cordonnier de son père... où elle fera preuve de talents étonnants... Puisqu’on vous dit qu’elle est prodigieuse !

Lila et Elena sont entourées de garçons et de filles du vieux quartier, une micro-société qui, dès l’adolescence, tend à reproduire un modèle traditionnel de domination masculine, les garçons se posant gentiment mais fermement en protecteurs.

Plus tard, dans un Naples qui se modernise à l’approche des années soixante, quelques garçons, parmi les aînés, se mettent à prospérer. Voiture, sorties, cadeaux... Entre jeunes gens, les regards changent. Déclarations, flirts, espoirs... petites embrouilles. Premières demandes en mariage... grandes embrouilles... Le récit s’arrête net, sur un événement inattendu qui sera le point de départ de véritables déflagrations dans la vie du quartier...

Aurais-je pu trouver mieux pour vous inciter à lire la suite dans Le nouveau nom, deuxième tome de cette saga ?

J’ai été totalement séduit par les aventures racontées par Elena. C’est drôle, c’est émouvant, c’est surprenant. Les personnages sont attachants. C’est un livre pour tout le monde. Son style écrit ne contient ni rigidité ni pompe et sonne aussi naturellement que du langage parlé... Peut-être quelques longueurs... Mais l’écriture est tellement fluide que le récit en devient visuel. Les mots se dissolvent au profit d’images en mouvement qui se forment dans notre esprit. L’impression de voir un film italien de ces années-là... 

FACILE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT

Lisez les romans de l'auteur de cette chronique.

La Tentation de la vague (2019) : amazon.fr

Les Moyens de son ambition (2020) : amazon.fr

 

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Plus haut que la mer, de Francesca Melandri

Publié le 17 Juillet 2016 par Alain Schmoll dans Littérature, critique littéraire, romans

Juillet 2016,

Ce roman magnifique, superbement écrit, m’a captivé et bouleversé.

Une île italienne, montagneuse, rocheuse, tout près de la Sardaigne. Le soleil fait étinceler les roches au dessus d’une mer bleu intense, virant au turquoise à l’approche des plages de sable blanc. La faune est incroyablement riche : des ânes albinos, des chevaux sauvages, des mouflons, des sangliers, toutes sortes d’oiseaux aquatiques... L’accès est très difficile : juste une passe étroite et peu profonde balayée par des rafales de mistral.

A la fin des années soixante-dix, existait sur cette île aujourd'hui classée parc national et réserve protégée, un ancien et vaste complexe pénitentiaire comportant une prison de haute sécurité. Car pour maintenir des détenus très dangereux à l’isolement, il n’est pas de mur plus haut que la mer.

Parfois, le soir, orage et tempête habillent de sombre le ciel et la mer. N’apparaissent plus, par intermittence, que les zébrures lumineuses des éclairs et l’écume des crêtes de vagues en forme de virgules blanches. Impossible alors de quitter l’île.

Un homme et une femme sont ainsi contraints d’y passer une nuit. Une rencontre fortuite qui va leur permettre de rompre des chaînes invisibles. Ils ne viennent pas du même monde, ils n’ont rien en commun, si ce n’est d’être tous deux venus rendre visite à un proche, détenu à l’isolement, en régime spécial.

Lui, Paolo, a enseigné la philosophie dans une grande ville. Son fils unique a été condamné trois ans plus tôt pour assassinat. Des meurtres froidement exécutés, sans remords, au nom de la révolution. Ce sont les « années de plomb » en Italie.

Elle, Luisa, est une paysanne. Depuis que son mari, violent, a tabassé à mort il y a dix ans un camarade de beuverie, puis récidivé sur un gardien de prison, elle élève seule ses cinq  enfants en faisant tourner la petite exploitation agricole familiale.

Paolo sait manier les idées et les mots. Il peut donc identifier son enfer personnel. Il exècre de toute son âme ce que son fils est devenu. Dans le même temps, il lui voue une sorte de fidélité paternelle quasi charnelle, mêlée de mauvaise conscience ; une raison unique de vivre depuis que le chagrin a emporté sa femme. Symbole de ce sentiment paradoxal, une coupure de journal qu’il conserve sur lui et qu’il contemple souvent, avec la photo d’une petite fille de trois ans en manteau noir, posant une fleur sur le cercueil de son père « exécuté ».

Luisa n’a pas la même éducation. Sa vie frustre lui a appris à prendre les choses comme elles viennent. Son mari est emprisonné à vie ? Tant pis ! Peut-être même tant mieux, compte tenu de ce qu’elle n’a jamais dit – car il y a des choses qu’on ne dit pas ! Et puis, il faut bien survivre, élever les enfants, et pour cela, travailler dur. Et compter, tout compter, pour ne pas se laisser gruger par des hommes qui pourraient la sous-estimer...

Au cours de cette nuit sur l’île, où rien n’est organisé pour héberger des visiteurs, Paolo et Luisa vont s’observer ; chercher à comprendre et à partager ce qu’il leur manque. Luisa surprendra Paolo à contempler longuement la photo de la petite fille en manteau noir... Il expliquera... Elle se mettra à pleurer en silence sans pouvoir s’arrêter ; toutes les larmes qu’elle n’avait pas pleuré depuis son enfance. Lors du départ, le lendemain, elle emportera la coupure de journal. « C’est moi qui la porte, maintenant » déclare-t-elle. Partage, libération...

Par le choix de ses mots, par la justesse et la percussion de son écriture, Francesca Melandri nous fait vivre sur l’île, entendre le ressac de la mer ou le vacarme de la tempête, respirer l’odeur du sel et des figuiers.  Elle nous fait partager des sentiments que ni Paolo ni Luisa ne peuvent exprimer, faute de trouver eux-mêmes les mots qu’il faudrait.

Accessoirement, elle nous fait aussi percevoir les états d’âme silencieux d’un troisième personnage, un jeune agent carcéral, installé dans l’ile avec femme et enfants. Il doit composer entre l’indicible – la violence nécessaire pour maîtriser certains détenus – et l’inavouable – les transgressions que lui dicte son empathie. Son silence effraie sa femme. Mais comment pourrait-il lui en parler ?... Vous avez dit partage ?...

Certains livres comme celui-ci témoignent du pouvoir magique de la littérature. 

GLOBALEMENT SIMPLE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT

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Désolée, je suis attendue, d'Agnès Martin-Lugand

Publié le 12 Juillet 2016 par Alain Schmoll

Juillet 2016,

Il faudra que j’affine ma façon de choisir mes lectures. Ce livre n’était pas pour moi. En fait, l’auteure, Agnès Martin-Legrand, avait attiré mon attention par son parcours personnel et son succès rapide. Et comme j’évite de lire à l’avance les critiques d’un livre – je ne le fais qu’après avoir écrit la mienne –, il peut m’arriver de faire des choix que je regrette.

Désolée je suis attendue raconte la vie quotidienne de Yaël, une espèce caricaturale de working girl, obsédée jour et nuit par l’image qu’elle donne d’elle-même à son patron – c’est ce qu’elle appelle « réussir » ! –  dans un métier supposé passionnant, ce qu’on a du mal à percevoir, le livre n’en présentant que des aspects superficiels, secondaires et répétitifs.

Retrouvant Marc, un ami de jeunesse perdu de vue depuis dix ans, Yaël engage une relation amoureuse fondée sur une extase physique qui finit par s’exalter dans une passion fusionnelle...  incompatible avec sa carrière ! L’impasse est véritable, la rupture consommée...

Le ton est glaçant. Normal, c’est Yaël la narratrice. Quelques passages à l’eau de rose... Yaël et Marc auront ils un avenir commun ? L’auteur ne nous donne sa réponse qu’à la dernière ligne de la dernière page... Quel suspens !...

Mais que je ne t’y prenne pas, lectrice ou lecteur, à aller subrepticement jeter un coup d’œil à la fin du livre ! Tu dois auparavant te colleter les presque quatre cents pages du roman, où tu auras l’impression de relire plusieurs fois les mêmes épisodes, en te faisant resservir les mêmes clichés...

Et là, ça devient dur à supporter !...

  • FACILE     o   J’AI AIME… PAS DU TOUT
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Cette nuit, je l'ai vue, de Drago Jancar

Publié le 3 Juillet 2016 par Alain Schmoll

Juillet 2016,

Au cœur de ce roman finement conçu et remarquablement charpenté, une femme, dont l’élégance, la générosité, la sensualité et l’indépendance d’esprit rayonnent sur son entourage et fascinent les hommes.

L’aura troublante de cette femme, Veronika, est omniprésente dans le livre. La parole est répartie entre cinq personnes ayant vécu à son contact ; un chapitre chacune. Le ton est à mi-chemin entre le monologue intérieur et la confession. Rêve ou hallucination, Veronika leur apparaît certaines nuits, longtemps après avoir disparu de leur vie... « Cette nuit, je l’ai vue !... »

Personnels et subjectifs, les témoignages de ces cinq narrateurs se complètent pour constituer l’esprit et le corps du roman. A défaut d’être totalement originale, c’est une construction littéraire diablement efficace. L’histoire est très captivante... Mais sombre, très sombre...

Avant d’évoquer l’intrigue, campons le décor...

La Slovénie. L’auteur, Drago Jančar, y est né. C’est un petit pays tranquille, aux confins de l’Italie et de l’Autriche. Une histoire partagée entre un héritage slave et une ancienne domination germanique. Des paysages riants et verdoyants de montagnes, de forêts, de lacs. Des traditions paysannes. Un culte national pour le cheval et l’équitation. Le Royaume de Yougoslavie... Mais ça, c’était avant !...

Seconde guerre mondiale. Le paradis devient enfer. De nombreux Slovènes germanophones s’accommodent de l’occupation allemande, certains rejoignent même les rangs nazis. En face, la résistance ; les partisans montent en puissance, soutenus par les Soviétiques. Violence des escarmouches, cruauté des représailles. La population observe avant de choisir : de quel côté le destin basculera-t-il ?... Et le gagnant est : la République Populaire de Yougoslavie !

Depuis le début de la guerre, Veronika est installée à la campagne, dans un manoir entouré d’un vaste et magnifique domaine appartenant à son mari, Léo, un riche industriel. Une sorte d’oasis de paix qu’ils s’efforcent de préserver. Elle monte à cheval, il gère ses affaires. Ils reçoivent des artistes, des notables de la capitale – dont certains portent l’uniforme militaire de la Wehrmachtschaft, une milice pro-allemande –, parfois aussi quelques officiers allemands. Cela n’empêche pas Veronika et Leo d’entretenir de bonnes relations avec la population locale, des familles de paysans, dont certains sont employés sur le domaine. Ils ne manquent jamais non plus d’apporter aide et bienveillance aux partisans. Qui pourrait dire du mal d’eux ?

Mais un jour de janvier 1944, Veronika et Leo quittent leur manoir et disparaissent. Qui sont ces gens qui les accompagnent ? En tout cas, nul n’a revu le couple. Sont-ils cachés quelque part, ou en fuite à l’étranger ? Sont-ils même encore en vie ?

Parmi les cinq narrateurs, un seul connaît vraiment la vérité, dans ses détails les plus affreux. C’est le dernier à s’exprimer, bien sûr. Les autres auraient bien voulu donner l’illusion d’un autre scénario possible ; mais y croyaient-ils vraiment eux-mêmes ?

Moi aussi, tout au long de ma lecture, j’avais redouté et pressenti le dénouement. Moi aussi, j’aurais aimé me tromper, car cette femme qui a fasciné les hommes qui l’ont approchée, elle m’a fasciné comme eux. J’avais espéré que l’auteur – un romancier ! –, aurait imaginé un rebondissement inattendu, pour parvenir à une happy end... Ou tout au moins, à une fin moins sordide que celle qu’il nous sert.

Un sentiment de malaise, qui s’accentue au fil des pages. La pire fin qui soit.

Dénonciation mensongère !... La jalousie, la frustration, la rancœur... La cruauté aveugle du combattant traqué... Les fantasmes complotistes des partis extrémistes... La sauvagerie ignominieuse des hommes en horde, protégée par la veulerie pitoyable des autres... Et même si le remord survient, il ne pèse pas lourd devant la lâcheté.

Un bon livre, doté d’une expressivité forte, qui m’a plu même s’il m’a dérangé.

  •  GLOBALEMENT SIMPLE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP
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Sens dessus dessous, de Milena Agus

Publié le 25 Juin 2016 par Alain Schmoll

Juin 2016

Sens dessus dessous est le troisième ouvrage de Milena Agus que je lis. J’avais découvert cette écrivaine sarde il y a quelques années avec Mal de pierre, un court roman, surprenant, attachant, empreint d’une poésie trouble, à la limite de l’ensorcelant.

Même ressenti avec Battement d’ailes, quelque temps plus tard. Un livre qui m’avait d’autant plus séduit que l’histoire se situe dans le sud de la Sardaigne, à proximité immédiate d’un endroit où je me rends régulièrement l’été ; un site sublime où « le ciel est transparent, la mer couleur saphir et lapis-lazuli, les falaises de granit or et argent... ».

Dans Sens dessus dessous, on reste en Sardaigne, mais en ville, à Cagliari. Un quartier pauvre, un immeuble ancien, cossu. Au premier étage, réside une jeune femme ; elle vit seule et c’est elle qui raconte. En haut, Mr. Johnson, « le monsieur du dessus », un violoniste américain renommé, d’un certain âge ; il se pourrait qu’il soit riche... ou peut-être pas... En tout cas, son appartement est superbe, immense, lumineux ; plafonds élevés, vue sur la mer... En bas, Anna, la « dame du dessous », une femme plus toute jeune, de santé fragile. Elle tire le diable par la queue, vit de ménages et d’autres emplois précaires et fatigants. Son logement est étroit, sombre, la lumière du jour parvenant par une porte-fenêtre unique donnant sur l’entrée de service.

Tout ceci donne sens au titre, bien sûr, ainsi qu’aux chassés-croisés des personnages et à ce qui agite leurs esprits tourmentés. Que peut-il bien se passer entre la dame du dessous et le monsieur du dessus ? La narratrice voudrait bien le savoir, de même que Natasha, la fille d’Anna, et les ineffables membres de la famille Johnson...

Sont bien présents les ingrédients qui donnent leur saveur aux romans de Milena Agus. Des fantasmes et des obsessions, le sexe, la prostitution, le mariage sans amour, la dèche, les cauchemars, la fuite, le suicide... Quelques engouements, la mer, le ciel, les fleurs, les couleurs. La musique, aussi. « Avec la musique, l’âme s’envole ! » s’exclame Anna, sous le charme du violon de Mr Johnson... Des personnages dissonants, qui vivent en marge du monde réel, en quête du bonheur, mais découvrant benoîtement qu’on peut être « malheureux avec une personne seulement parce qu’elle est malheureuse avec vous ».

Personnage central du roman, la narratrice est une jeune femme immature, plus que naïve, restée marquée par un drame familial survenu dans son enfance. Selon elle, toute femme est fatalement abandonnée un jour ou l’autre par son mari, pour une plus jeune, offrant des prestations de « machine de guerre sexuelle ». Seule alternative, être soi-même une machine de guerre sexuelle... Alors avant de trouver un mari, elle s’entraîne !...

A temps perdu, elle compose un peu de poésie. Ses amis du dessus et du dessous la verraient plutôt romancière. Écrire « une histoire qui n’est pas vraie mais qui pourrait l’être »...

« Avec le roman, l’âme s’envole !... » Et où s’envole-t-elle ? Au pays des merveilles, voyons. Pourquoi croyez-vous qu’on découvre à la fin que la narratrice se prénomme Alice ? Et le pays des merveilles, c’est tout simplement la vie...

  •  FACILE     ooo  J’AI AIME
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Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos

Publié le 13 Juin 2016 par Alain Schmoll

Juin 2016,

Qu’est ce qui ne va pas avec ce livre ? L’intrigue est originale et plaisante, plutôt bien construite autour d’une énigme correctement ficelée, les personnages sont campés avec justesse, leurs gestes observés avec un humour et une tendresse de bon aloi. Pourquoi, tout au long de ma lecture, ai-je ressenti comme une impression de platitude ?

Peut-être est-ce le ton, un peu distancié, un peu dilettante. Peut-être est-ce aussi le séquençage, inhabituel. L’ouvrage est découpé en dix parties (épilogue inclus), chacune étant divisée en plusieurs chapitres. En tout, plus de cent chapitres ! Longueur moyenne d’un chapitre : deux pages et demi !

Volonté de respiration ? C’est ce que plaidait l’auteur pour Charlotte, son précédent roman, et son parti d’écriture « une phrase, une ligne ». Un parti qui conférait au texte une concision sobre en cohérence avec le tragique du livre. Dans Le mystère Henri Pick, les micro-chapitres s’accommodent mal du caractère léger et sentimental du roman. Pour le lecteur, en tout cas pour moi, il ne s’en dégage qu’un goût inconsistant.

Je n’oublie pas ceux qui recherchent avant tout des lectures « ne prenant pas la tête ». Peut-être passeront ils un agréable moment avec ce roman très facile à lire, encore qu’ils puissent se lasser des longueurs auxquelles l’auteur se laisse complaisamment aller pour des détails anecdotiques sans beaucoup d’intérêt.

Un mot quand même sur l’histoire. Une petite ville à la pointe extrême de la Bretagne. Une bibliothèque municipale où, dans un coin, avaient été aménagées quelques étagères pour des « manuscrits refusés », des œuvres qui ne seront jamais publiées. Une jeune éditrice y déniche fortuitement un projet de roman qu’elle trouve exceptionnel et qu’elle décide de faire publier. Le succès populaire est énorme... L’auteur, un dénommé Henri Pick, décédé depuis deux ans, tenait une pizzeria en ville... Sa famille est stupéfaite, ne l’ayant jamais vu un livre en main... Mais est-ce certain qu’il est vraiment l’auteur ? C’est la question avec laquelle David Foenkinos interpelle les lecteurs de son roman.

Avec le recul, on n’échappe pas à une question plus générale. Qu’est-ce qui prédomine dans un succès de librairie, la qualité de l’œuvre ou le roman de l’œuvre ?

Quant aux écrivains et aux artistes en général, c’est une autre réflexion que David Foenkinos leur soumet au final. Quel est le plus important, voir reconnaître son talent ou trouver le bonheur en famille ?

  •  FACILE     oo    J’AI AIME… UN PEU
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Purity, de Jonathan Franzen

Publié le 8 Juin 2016 par Alain Schmoll

Juin 2016

Voilà un très long roman, comportant les ingrédients qu’il faut pour en rendre la lecture tour à tour distrayante, intéressante, surprenante, amusante, oppressante, captivante... J’aime absolument !

Arrêtons là les qualificatifs et penchons-nous sur le titre : Purity ! Le mot anglais pour pureté ; conservé tel quel dans l’adaptation française du livre ! Un titre qui pourrait faire craindre un ouvrage engagé, militant, ennuyeux. Ce n’est pas le cas. Purity est le prénom véritable de l’héroïne du roman, celle qu’en fait, tout le monde appelle Pip. Comment peut-on s’appeler Purity ? Même aux Etats-Unis !... Sa mère n’avait pourtant pas choisi ce prénom par pur hasard...

Pip n’a eu comme famille que sa mère, une femme étrange, au caractère tourmenté, qui vit seule pauvrement dans un coin isolé de Californie, depuis qu’elle a quitté son mari, quelque temps après la naissance de sa fille, précise-t-elle. Un homme à fuir absolument et définitivement, proclame-t-elle lorsque Pip l’interroge.

Pip a vingt-trois ans. C’est une jeune femme tout à fait charmante. Ouverte, libre, franche, généreuse. Intelligente mais naïve. Séduisante malgré un manque de confiance en elle. Depuis la fin de ses études universitaires, elle travaille, un job ni passionnant, ni rémunérateur. Les temps sont durs pour les jeunes d’aujourd’hui, notamment pour Pip, qui avait souscrit un prêt étudiant de cent trente mille dollars qu’il lui faut désormais rembourser. Elle s’est mise en tête que la seule personne qui pourrait l’aider à se libérer de cette dette est son père, qu’elle veut retrouver, alors qu’elle ne l’a jamais vu et qu’elle ne connaît même pas son nom... Telle est sa quête !... Bien des choses auront changé pour elle à la fin du livre.

Le deuxième chapitre nous ramène vingt-cinq ans en arrière, à Berlin-Est, peu de temps avant la chute du Mur. Andreas Wolf est un jeune homme au physique avantageux, consommateur de jolies filles et d’images pornographiques. Bien que fils unique d’apparatchiks très privilégiés d’une « démocratie populaire » à bout de souffle, il joue de son charisme pour se poser en contempteur d’un régime qu’il juge fondé sur une hypocrisie ridicule et terrifiante.

Rebelle dans l’âme, porté par un ego démesuré, Andreas deviendra plus tard un lanceur d’alerte célèbre et hors-la-loi, à la manière d’un Julian Assange ou d’un Edward Snowden. Réfugié en Bolivie dans un coin de montagne paradisiaque où il est assisté de groupies aussi belles que dévouées, il entretient sa légende et pilote une cyberorganisation très efficace, le Sunlight Project. Très intelligent, opportuniste et manipulateur, il restera toutefois marqué par un péché originel, un acte criminel dont il redoute la découverte, ce qui le rend paranoïaque par instant. Une paranoïa qui menacera de s’aggraver et de l’engloutir... Entre temps, pourra-t-il aider Pip à retrouver son père ?

Deux autres personnages émergent dans l’intrigue. Tom, un patron de presse d’investigation, sérieux et ambitieux ; un type bien, dont la vie privée n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Et Anabel, la fille d’un industriel multimilliardaire, une femme belle et brillante, mais psychotique, délirante, destructrice et autodestructrice.

Tous ces personnages partagent une particularité : une forme d’exigence envers soi-même, chacun à sa manière ; la détermination – dangereuse ou velléitaire – de respecter scrupuleusement des convictions de base, comme s’il s’agissait de se convaincre de sa pureté personnelle. Mais défendent-ils un idéal ou l’image qu’ils veulent avoir d’eux-mêmes ?

L’intrigue est complexe et l’auteur n’en dévoile les nœuds qu’avec parcimonie, pièce par pièce, comme un puzzle, au fil de sept chapitres non chronologiques, dans lesquels je me suis laissé promener de façon très plaisante sans toujours savoir très bien vers quoi on me menait : tantôt à méditer sur la morale du journalisme d’investigation et du lancement d’alerte ; tantôt à réfléchir sur les limites de la démocratie ; tantôt encore à épier les intermittences du désir entre une jeune femme et un homme ayant l’âge d’être son père ; parfois juste à observer Pip s’enchanter de la richesse des odeurs tropicales dans les vallées boliviennes...  Et aussi à suivre les remous d’une histoire d’amour et de folie ; un amour fou, hors de toute limite de temps et d’exigence – de pureté, notamment –, et qui déferle en haine, en envie de faire mal, de détruire, de se détruire.

Tout cela a-t-il un sens ? Soudain, dans un dialogue, à mi-parcours du livre, une lueur. Est-ce une piste, un fil conducteur ? Viendront finalement des révélations surprenantes ; des circonstances pouvant apparaître comme des hasards n’en sont pas... L’histoire s’achève dans une atmosphère de paix, de bonheur possible. Ou presque, mais tant pis pour ceux qui s’en excluent. Et quel dommage pour le lecteur que ce soit la fin de ce roman magistral. 

  •  DIFFICILE     ooooo   J’AI AIME PASSIONNEMENT
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Le livre des Baltimore, de Joël Dicker

Publié le 16 Mai 2016 par Alain Schmoll

Mai 2016,

Pour le résumer en quelques mots, Le livre des Baltimore est la chronique d’un « Drame » annoncé, sur fond de grandeur et chute d’une famille. Sa lecture me laisse partagé et j’ai du mal à donner un avis personnel clair. Mais en rédiger la critique m’a amené à des réflexions intéressantes.

Comment exprimer mon ressenti ?... Un cocktail très savamment composé : sur un lit de belles demeures en Amérique, on verse une bonne dose d’histoires de famille, on ajoute une croustillante saga amoureuse entre une star de la chanson et un écrivain célèbre, on glisse un zeste de manœuvres financières à gros chiffres, on complète en délayant avec des détails insignifiants et des dialogues creux, puis on sert garni avec un Drame glacé... Et si ça devient fade, on réveille par une pincée de formule en « cliffhanger » (en suspense si vous préférez…).

Voilà, je me suis laissé aller à ma méchanceté naturelle... A tort. Car pour le lecteur, le résultat est plutôt agréable. Le livre des Baltimore est un roman facile, confortable à lire ; disons que c’est un texte flatteur. Les profils des personnages sont intéressants, ... un tout petit peu caricaturaux ; les analyses psychologiques plutôt bien vues, ... parfois poussées à l’extrême ; les péripéties variées et excitantes, ... certaines étant toutefois prévisibles ; et l’histoire d’amour à la « je t’aime moi non plus » fera poindre une larme à l’œil des plus romantiques.

C'est ce que d’aucuns appelleraient : un livre qui ne prend pas la tête... Et pourquoi pas ? Mieux vaut de la littérature facile que pas de littérature du tout... Débat sans fin sur le rôle de l’écrivain : est-il de nous divertir en flattant notre désœuvrement ? est-il de nous entraîner malgré nous vers des horizons à découvrir ? Quand ils divergent, les deux chemins méritent le respect. Quand ils se rejoignent, cela peut donner de la grande littérature.

L’auteur, le jeune, brillant et médiatique Joël Dicker, n’a jamais caché son envie de séduire le plus grand nombre. Pour Le livre des Baltimore, il a élaboré un roman à vocation de best-seller, comme un professionnel du marketing ou, pour reprendre ma référence au cocktail, comme un barman parfaitement maître des ingrédients qui enchanteront les papilles gustatives de ses clients.

Il faut du talent pour cela. L’auteur n’en manque pas et il ne manque pas non plus de culture littéraire. Comme dans son ouvrage précédent – La vérité sur l’affaire Harry Quebert –, il met en scène son double, Markus Goldman, un jeune écrivain à succès, beau, riche, bienveillant, en train de préparer son prochain opus. Il ne faut pas chercher pour autant de lien entre les deux romans. Ce n’est qu’un artifice littéraire – quelque peu narcissique !... – en forme d’hommage à Philip Roth, le grand romancier américain qui introduit régulièrement dans ses ouvrages, son double, son alter ego, un nommé Nathan Zuckermann.

Pour conclure, si vous avez lu La vérité sur l’affaire Harry Quebert, rappelez-vous le précepte du vieil écrivain : « un bon livre est un livre qu’on regrette d’avoir terminé ». Je souscris pleinement à cette déclaration, mais je ne donnerai pas ma position personnelle sur ce cas précis. A chacun de déterminer ce qu’il ressent après avoir refermé Le livre des Baltimore... Encore faut-il le lire avant !

  •  FACILE     ooo   J’AI AIME
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Je suis Pilgrim, de Terry Hayes

Publié le 12 Mai 2016 par Alain Schmoll

Mai 2015

Le sujet central de ce roman volumineux est la préparation d’un attentat bactériologique de très grande envergure contre les Etats-Unis, un attentat méticuleusement concocté pendant plusieurs années par un djihadiste inconnu et solitaire, extrêmement déterminé, et que les services spéciaux américains, incidemment alertés, vont s’efforcer de faire échouer.

Une affaire terrifiante ! Un vrai thriller !

Face à face, deux personnages au parcours hors norme, des « machines de guerre » à eux tous seuls, des manipulateurs qui se sont rendu impossible à identifier et à localiser.

D’un côté, celui que, faute de mieux, on nomme « le Sarrasin ». D’origine saoudienne, son parcours et sa psychologie sont très représentatifs du terrorisme islamique du tournant du siècle, fondé sur une haine recuite de l’Occident et forgé dans les montagnes d’Afghanistan. Un djihadisme sacrificiel mobilisateur pour des Arabes du Moyen-Orient bien éduqués, investis en toute conscience dans un Islam fondamentaliste et rigoriste, en quête de coups d’éclat pour faire reconnaître sa puissance.

En face, pour tenter de le mettre en échec, un as des services de renseignement américains, porteur de multiples identités ; nom de code : Pilgrim. Un agent secret à mi-chemin entre le héros mythique du type James Bond et l’occulte fonctionnaire dévoué qui cherche à passer inaperçu. Pas de « Pilgrim Girl », donc ! Pas d’Aston Martin non plus, plutôt des voitures de location banales. Un homme dont on ne sait pas à quoi il ressemble physiquement. Auteur d’un ouvrage de référence en criminologie. Un guerrier dur, solide et résistant, porteur aussi de valeurs, d’émotions, de doutes, même s’il donne la priorité à la raison d’état et à sa mission.

Des péripéties trépidantes, des attentes interminables, des rebondissements à couper le souffle, des coups de chance, des coups de malchance... Quelques scènes d’une violence insoutenable... En tant que thriller, Je suis Pilgrim est une incontestable réussite. J’ai marché à fond ! Pourtant, je n’ai pas imaginé une seule seconde que l’attentat pourrait réussir, que le livre pourrait se terminer en cauchemar, en apocalypse... Pourquoi alors ma tension a-t-elle autant palpité, chapitre après chapitre ? Sans doute est-ce dû au talent de l’auteur, Terry Hayes, un scénariste de renom dont c’est le premier roman. Il s’y entend pour ménager ses effets.

Pour raconter l’histoire, Hayes donne la parole à Pilgrim. C’est un narrateur volubile, qui n’hésite pas à enrichir son récit par des digressions : des réflexions, des souvenirs, des émotions... Son langage est simple, direct, clair. Un semblant de transparence qui pourrait faire croire au lecteur qu’il en sait à tout instant autant que lui. Mais Pilgrim ne nous dit pas tout, en tout cas pas tout de suite, et pas dans l’ordre logique... Les événements s’articulent au final dans une forme de puzzle plus complexe qu’il n’y paraissait... Et tout ne se passe pas comme annoncé...

Le roman est d’une grande cohérence, tant par l’enchaînement de la fiction – avec quelques heureuses coïncidences ! – que par son ancrage dans la géopolitique du début des années 2000, marquée par le développement du terrorisme islamique. Le livre met en exergue la puissance de la technologie maîtrisée par les Américains et leurs alliés, face à l’intuition et la capacité d’analyse d’un terroriste isolé.

A mettre en perspective avec le djihadisme d’aujourd'hui. Le big data développé par les Occidentaux sera-t-il suffisamment efficace pour anticiper et contrecarrer les projets d’une organisation comme Daech, qui dispose elle aussi de moyens technologiques considérables ?... Préoccupant !...

GLOBALEMENT SIMPLE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

 

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Les piliers de la terre, de Ken Follett

Publié le 26 Avril 2016 par Alain Schmoll

Avril 2016,

N’ayant jamais lu Ken Follet, au grand dam d’amis amateurs inconditionnels de cet auteur, je me suis lancé dans Les piliers de la terre.

Impressionnant par son épaisseur, le livre se présente comme une grande fresque romanesque, sur fond historique de guerre civile dans l’Angleterre du douzième siècle. Une sorte d’épopée inspirée par le projet de construction d’une cathédrale dans le petit bourg de Kingsbridge, et dont les péripéties, portées par un petit noyau de personnages principaux, se développent sur plusieurs décennies.

Parmi ces personnages, il y a Philip, le prieur du monastère, commanditaire du projet, véritable autorité locale tant spirituelle que temporelle, Tom dit « le bâtisseur », maître d’œuvre de la construction, Jack, qui lui succèdera, ainsi qu’Ellen et Aliena, deux femmes dont la beauté suscite désir et amour et dont la forte personnalité rayonne sur leur entourage. Tous ceux-là sont les « Bons ». Ils débordent de sentiments nobles ; ils sont bienveillants, justes (mais sévères !), francs, loyaux, courageux ; ils s’attachent au bonheur de leurs proches. Dans leurs luttes pour la réussite du projet et la survie de Kingsbridge, ils font parfois preuve de naïveté, mais avec le temps, ils progressent en lucidité et déjouent finalement la plupart des machinations ourdies contre eux...

En face, les « Mauvais », autour de William et de l’évêque Waleran. Opposés à la construction de la cathédrale, ils se montrent haïssables du début jusqu’à la fin. Ils n’obéissent qu’à de viles motivations : la cupidité, la vanité, la jalousie, la vengeance... Ils sont sournois, lâches, dénués de pitié (sauf envers eux-mêmes), dominés par des pulsions qu’ils sont incapables de dominer. Ainsi sont-ils fréquemment en train de blêmir, bouillir, bouillonner, écumer ou étouffer de fureur, de rage, de haine ou de honte... Le lecteur attend fébrilement qu’ils soient durement châtiés... Patience !...

L’ouvrage, très long, est d’une grande cohérence et le fil des péripéties très facile à suivre. L’écriture est claire et transparente. L’auteur en accélère habilement le rythme lors des moments dramatiques ; je m’y suis volontiers laissé prendre, ma tension augmentant avec l’amoncellement des épreuves et des menaces sur les « Bons », puis se détendant lors des passages plus paisibles. Mais l’intensité baisse avec la répétition. Dans la dernière partie, les offensives lancées par les « Mauvais » laissent un arrière-goût de déjà vu... Même plus peur !!...

Le livre – c’est l’un de ses mérites ! – offre une bonne évocation de la vie quotidienne au Moyen Âge, mais j’ai trouvé excessive et fastidieuse la profusion de détails documentaires sur l’architecture, le négoce ou l’artisanat. J’ai eu l’impression de lire des scripts collectant des indications descriptives de mises en scène...

J’ai été agacé par certains passages, notamment quand l’auteur explicite – et rabâche ! – la psychologie des personnages, leurs réflexions ou leurs états d’âme, avec tellement de détails simplistes évidents que cela donne le sentiment qu’il dénie toute finesse à ses lecteurs au point de devoir coûte que coûte leur mettre les points sur les i !

Il manque pour moi, dans ce livre, un peu de poésie, de profondeur et de mystère. Au final, Les piliers de la terre est un bon gros livre d’aventures, qui se lit facilement avec une émotion et un intérêt réels, mais dont les effets s’atténuent graduellement au fil des chapitres.

FACILE     ooo   J’AI AIME

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