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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

L'insouciance, de Karine Tuil

Publié le 31 Octobre 2016 par Alain Schmoll

Octobre 2016,

Un livre d’une rare puissance, à la fois expressive, moraliste et romanesque.

Tout au long des cinq cents pages, j’ai été captivé par l'enchaînement des péripéties, impressionné par la dramaturgie géopolitique dans laquelle elles prennent place, fasciné par la critique de la fresque sociale parisienne plantée comme décor.

Construit comme un thriller, le récit met en scène, à tour de rôle, trois hommes incarnant trois univers différents. Ces hommes – et leurs univers – s’entrecroiseront tout au long du récit et se rejoindront au final dans des circonstances qui s'avèreront tragiques, en tout cas pour l’un d’eux.

Un premier chapitre fracassant. Je l’ai lu le souffle coupé, maxillaires serrés, tous muscles noués. 2009 : retour d'expérience d'opérations en Afghanistan, en compagnie de Romain Roller, un jeune sous-officier des forces françaises. C’est l’un des trois hommes clés de l'intrigue. Prise de conscience de l’extrême sensation de vulnérabilité sur le terrain, de l'incertitude du futur immédiat, de la fragilité des destinées ; violence de la guerre, sordide de la guérilla comme de la lutte anti-guérilla. Envie de vivre, mais comment ? Peur et culpabilité. Stress post-traumatique assuré.

Deuxième personnage : Osman Diboula. Quand on est noir, en France, est-on visible ou invisible ? Pas inutile de faire l’inventaire des opportunités et des menaces. Sans avoir fait d’études, Osman est sorti par le haut d’un rôle d’animateur dans une cité de la banlieue parisienne. Grâce à son entregent et à son sens des bons offices, il a réussi à intégrer un cercle proche du Président – ... un Président parfaitement identifiable ! –. Totalement imprégné du virus de la politique, il est à l’affût du moindre coup médiatique. Mais attention aux embûches !....

François Vély, cinquante ans, richissime homme d’affaires franco-américain. Un charismatique patron du CAC 40, brillant, dominateur, ambitieux. Comme il se doit, grand amateur et collectionneur d’art contemporain. Dans le privé, c’est un homme élégant, subtil, cultivé, courtois, charmeur. Tout pour lui !... Élevé dans la religion catholique. Son père, une personnalité très honorablement connue, était né Paul-Elie Lévy... Rien ne devrait résister à François Vély. Pourtant un drame familial a déjà commencé à entraver sa marche en avant. Et il payera cher une erreur de jugement involontaire.

Ces trois hommes ont une caractéristique commune. Leurs univers – respectivement la guerre, la politique, la finance internationale – les coupent de la réalité du quotidien. Autour d’eux, les femmes sont plus pragmatiques. Elles savent faire la part des choses et prendre leurs responsabilités. Elles observent les événements avec lucidité, et même avec une certaine férocité...

Ainsi en est-il de l’auteure, Karine Tuil. Elle ne pratique pas la langue de bois, ne concède rien au politiquement correct ou à la commisération, ne manifeste aucune complaisance pour aucun bord.

Pas de complaisance envers les jeunes des banlieues qui dérivent vers la délinquance, le communautarisme, la radicalisation et la haine ; ni pour l’hypocrisie des mœurs de la grande bourgeoisie élitiste condescendante, aveugle ou insensible à ce qui se trame hors de ses cénacles.

Pas de complaisance pour les médias et la démesure insensée de leur pouvoir sur les réputations, ni pour les réseaux sociaux et leur diffusion massive de calomnies et de messages de haine.

Pas de complaisance pour les propos racistes ou antisémites, qu’ils proviennent de milieux bourgeois traditionnels ou de communautés frustrées par ce qu’elles qualifient de « deux poids, deux mesures ».

Pas de complaisance non plus pour ceux qui se jettent dans une pratique orthodoxe du judaïsme. Ni envers ceux qui, ayant pris leurs distances avec leur identité, protestent « mais je ne suis pas juif ! » au lieu de dénoncer la nature des insultes antisémites qui les visent... Au fond, retour de l’éternel débat : c’est quoi, être Juif ? Est-ce se considérer comme tel ? Est-ce être considéré comme tel par les autres, juifs ou non-juifs, antisémites ou pas ?...

L’écriture de Karine Tuil s'autorise une certaine liberté syntaxique, dans de longues phrases, au demeurant tout à fait fluides. Une petite préciosité par ci par là : quelques mots inusités, dont le sens se déduit du contexte, ce qui n'empêche donc pas la lecture de L’insouciance d’être accessible à tous.

Dans ce roman riche et complexe qui m’a passionné au point de regretter qu’il s’achève, les personnages masculins ne résistent pas au sentiment de leur culpabilité. L’attitude finale de Marion Decker, le personnage féminin principal, évoque ce que l’on appelle la résilience.

Quand nous survivons aux épreuves, aux violences, aux horreurs, nous restons meurtris, déformés, disloqués. Notre insouciance s’est envolée. Mais nous sommes vivants, ouverts à l’amour. Survivre c’est vivre, tout simplement.

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Petit Pays, de Gaël Faye

Publié le 23 Octobre 2016 par Alain Schmoll

Octobre 2016,

Petit paysImpossible de lire Petit pays sans y investir sa sensibilité personnelle. J’ai pourtant essayé. Sachant que ce roman s’inscrivait dans le contexte des abominations commises au Rwanda en 1994, j’étais bien décidé à le lire en me tenant à distance, afin de me protéger de pages dont je prévoyais qu’elles pourraient être insoutenables.

Et je me suis fait avoir ! Car le début du livre est délicieux, drôle, touchant ; l’écriture est fluide, limpide, lumineuse. J’ai baissé la garde, comme anesthésié. La toile de fond dramatique des événements n’est apparue que peu à peu. A l’instar des personnages du roman, c’est de façon presque insensible que je me suis trouvé embarqué dans une spirale d’émotions « en tour d’écrou », pour paraphraser Henry James : appréhension, inquiétude, incrédulité, effarement, accablement, ... et par moment l’horreur !

Au début de l’histoire dont il est le narrateur, Gaby n’a pas encore onze ans. Il vit alors à Bujumbura, capitale du Burundi. Papa, un entrepreneur français, a les cheveux clairs et les yeux verts. Maman est native du Rwanda, l’état voisin. Elle est très belle : « une beauté svelte, à la peau noire ébène »... Un physique de Tutsi, l’une des ethnies peuplant cette région de l’Afrique des Grands Lacs.

Les Tutsi constituent une caste dominante au Burundi. Au Rwanda, ce sont les Hutu, plus nombreux, qui sont au pouvoir. Hutu et Tutsi se haïssent. Ils se haïssent tellement que les meurtres inter ethniques sont fréquents et massifs. Jusqu’au génocide de 1994, où en trois mois, près d’un million de Tutsi seront victimes de l'acharnement des Hutu à les exterminer. S’en suivront, dans la région, des représailles à n’en plus finir. Des événements tragiques qui ont fait la une de nos journaux, d’autant que les forces d'interposition françaises s’étaient retrouvées quelque peu en porte-à-faux…

Les événements et leur enchaînement en 1993 et 1994, Gaby les découvrira au fil des mois au travers des témoignages de ses proches. Terrifiant ! Un rude apprentissage de la réalité, auquel il cherchera à résister avec candeur. Il sera finalement contraint de s’y soumettre, comme tous les petits garçons qui se façonnent dans les épreuves qu’ils traversent... ainsi que dans les bêtises où les copains les entraînent...

Comme bêtise entre garçons, il y a le « t’es pas cap’... ». Comme de sauter du grand plongeoir ; classique pour un gamin challengé par les copains. Mais s’il faut lancer un Zippo allumé sur une voiture arrosée d’essence, c’est ... autre chose !... Sortie brutale du cocon de l’enfance, de l'innocence, de la neutralité insouciante ! Même les enfants sont amenés à choisir leur camp. De gré ou de force.

Jusqu'à alors, Gaby avait vécu dans une sorte de jardin d’Eden, une impasse tranquille, arborée et fleurie d’un beau quartier de Bujumbura. Des villas habitées par des familles d’occidentaux expatriés et de notables africains. Gaby et ses copains y vivaient en marge de l’existence rude de la population africaine. L’impasse : un symbole de havre de paix fermé aux passages non désirés.

Lors de la guerre civile, tout va changer. Gaby verra son impasse profanée, sa famille fracturée, son paradis perdu. La spontanéité des Burundais, qui les amenait à se laisser aller sans retenue à la gaîté, à l’amitié, à la fête, les fera basculer sans plus de retenue vers la colère, la haine et la violence.

Vingt ans plus tard, Gaby est resté marqué par le symbole de l’impasse. C’est ainsi qu’il qualifie son pays d'accueil, la France : une immense impasse, une sorte d’oasis tranquille où les bruits et les fureurs du monde ne parviennent qu’assourdis.

Perdure l’envie de retourner à Bujumbura ! L'occasion se présente : récupérer un ensemble de livres légués par une vieille voisine qui l’avait initié à la littérature. Départ en forme de quête, à la recherche de l’impasse, des parents, des amis, de l’enfance perdue...

Et une dernière scène qui m’a bouleversé aux larmes : dans le fond d’un bar, une vieille femme, qui n’a plus toute sa raison, évoque en radotant des taches au sol qui ne partent pas... Des propos incompréhensibles pour ceux qui l’écoutent – et qui d'ailleurs ne l’écoutent pas ! – mais qui m’ont replongé dans l’une des pages les plus poignantes du livre... Gaby repartira-t-il de sitôt ?

Gaël Faye, l’auteur, est un brillant poète et rappeur – qui me fait penser à Stromae. Il a le même âge que Gaby. Comme lui, il est né au Burundi, d’un Français et d’une Rwandaise. Il précise qu’il n’a pas vécu ce qu’a traversé Gaby. Il aurait pu. Il l’a imaginé dans Petit pays, son premier roman, magnifiquement écrit. Un témoignage sur le vif. De l'émotion à l’état pur.

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Judas, d'Amos Oz

Publié le 12 Octobre 2016 par Alain Schmoll

Octobre 2016,

Judas Judas. Tel est le titre de ce livre d’Amos Oz... Judas, ça veut dire traitre !... C’est plus qu’un titre, c’est un pavé lancé... De quel côté va-t-il retomber ? Comment ne pas fâcher ou blesser ?...

Un coup d’œil autour de nous. Il n’est pas un seul homme politique qui n’ait été un jour accusé de trahison... Traitres, nous le sommes tous ; je trahis, tu trahis, il ou elle trahit, etc... Voilà ! C’était juste pour dédramatiser le titre avant de nous pencher avec sérénité sur l’ouvrage.

Quel est le genre de ce roman ? Drame psychologique, récit politico-historique, recueil de débats et d’idées ? Il est un peu tout cela ; tout y est entremêlé, dans un ensemble très cohérent ; c’est ce qui rend le livre absolument passionnant. Essayons d’y mettre bon ordre.

Nous sommes en 1960, à Jérusalem. La ville est loin d’être ce qu’elle est aujourd'hui ; terrains vagues, no mans land, barbelés. C’est l’hiver. Il fait froid, il pleut, il vente.

Shmuel Asch, vingt-cinq ans, n’a plus les moyens de poursuivre ses études. En échange du gîte, du couvert et d’une petite rémunération, il tient compagnie le soir, dans une petite maison de banlieue, à un vieil homme invalide, érudit et disert. Cette opportunité lui permet de continuer à travailler à son mémoire de maîtrise « Jésus dans la tradition juive ».

Chaque soir est l’occasion de discussions enflammées entre Shmuel et cet homme âgé, disgracié, du nom de Gershom Wald ; une forte personnalité à l’esprit affûté et au tempérament emporté ; établi en Israël bien avant la création de l’Etat. Ils parlent histoire, politique, philosophie, sciences. Wald est un intellectuel pragmatique, Shmuel, socialiste, est un rêveur. Tous deux sont sionistes, laïques, sans doute athées. Les religions ne sont pour eux que sujets historiques ou politiques.

Dans la maison, vit aussi Atalia Abravanel, une belle femme d’une quarantaine d’années. Sa féminité mystérieuse et majestueuse fascine Shmuel, qui va tout essayer pour la séduire. Pas gagné d’avance. Avec son look d’homme des bois bedonnant, son agitation brouillonne alternant avec des tendances à la procrastination, sa manie de ressasser indéfiniment malaises, problèmes familiaux et déboires sentimentaux, Shmuel n’a rien d’un prince charmant. Mais son extrême sensibilité, sa naïveté, sa balourdise et son empathie sincère finissent par le rendre attachant.

Wald et Atalia s’ouvrent à lui. Shmuel prend ainsi connaissance d’un malheur survenu il y a douze ans, pendant la guerre d'indépendance. Deux ombres planent depuis sur la maison. Celle de Shealtiel Abravanel, son ancien propriétaire, père d’Atalia... Et celle de Micha...

Shmuel découvre que dans les années quarante, ce Shealtiel Abravanel avait été un dirigeant sioniste important. Il avait été écarté peu avant la création de l’Etat d’Israël, car il y était opposé ainsi qu’au plan de partage des Nations Unies. Il estimait que ce projet ne tiendrait pas dans le temps et qu’il était préférable que Juifs et Arabes trouvent ensemble un arrangement. Plus généralement, il considérait que le concept d’Etat était archaïque et qu’il fallait habituer les peuples à vivre ensemble sans frontières, passeports ni drapeaux. Un rêveur idéaliste... mort tristement deux ans plus tard, abandonné par ses anciens amis qui le tiennent pour un traitre.

Shmuel travaille aussi à son mémoire sur Jésus et il développe une hypothèse originale, en rupture par rapport aux évangiles canoniques. Selon ceux-ci, Judas Iscariote avait dénoncé Jésus aux autorités romaines en échange d’une récompense de trente deniers, devenant ainsi l’archétype haïssable du Juif traitre et vénal, fondement de vingt siècles d’antijudaïsme chrétien. Pour Shmuel, Judas était au contraire un adepte fervent et dévoué de Jésus. Convaincu de sa nature divine – ce dont doutait Jésus lui-même – il l’avait délibérément mené à la crucifixion, afin qu’en se libérant miraculeusement du supplice, il se révèle à la face du monde et instaure le Royaume de Dieu sur terre... Judas, un idéaliste, naïf, illuminé.

Nous voici donc face à deux dilemmes : Abravanel et Judas, traitres ou rêveurs idéalistes ? Chacun se fera librement son opinion. Mais malheureusement les meilleurs –  Jésus, Micha – périssent toujours dans des conditions atroces.

Shmuel pose la question : Pourquoi sa thèse, lumineuse et crédible, n’a-t-elle jamais été défendue avant lui par un érudit ou savant juif ? Cela aurait pu mettre fin aux malentendus entre Chrétiens et Juifs... Rêverie, quand tu nous tiens ! semblent penser Wald et Atalia.

Écoutons Gershom Wald, le réaliste (nous sommes en 1960) : « Les Arabes du cru tiennent à cette terre parce que c’est la seule qu’ils possèdent. Ils n’en ont pas d’autre. Comme nous, pour les mêmes raisons. Ils savent que nous n’y renoncerons jamais et nous savons qu’ils ne lâcheront pas prise non plus. Par conséquent, une parfaite entente règne entre nous. Il n’existe pas de malentendu et il n’y en aura jamais. » ... On ne peut pas parler d’optimisme béat.

Encore Gershom Wald pour le mot de la fin : « Grâce aux rêveurs, nous les réalistes sommes un peu moins pétrifiés et désespérés ».

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La valse des arbres et du ciel, de Jean-Michel Guénassia

Publié le 6 Octobre 2016 par Alain Schmoll

La valse des arbres et du ciel

Octobre 2016,

L’on connaît Vincent Van Gogh et les épisodes les plus spectaculaires de sa courte existence érigée improprement en légende d’artiste maudit. L’on sait généralement qu’il a passé les dernières semaines de sa vie à peindre à Auvers-sur-Oise et alentours, où il avait été accueilli pour une thérapie par le docteur Gachet, un amateur d’art éclairé.

C’est à Auvers que Van Gogh est mort, le 29 juillet 1890, à l’âge de trente-sept ans, des suites d’une blessure par balle à l’abdomen, qu’il a longtemps été convenu d’attribuer à une intention de mettre fin à ses jours. Cette version du suicide a toujours fait l’objet de controverses. Selon une hypothèse récente, il se serait agi d’un coup de pistolet survenu accidentellement lors d’une chamaillerie avec deux jeunes gens du coin.

Dans La valse des arbres et du ciel, l’auteur nous présente un tout autre scénario. Il installe une romance sentimentale sur les soixante-dix jours passés par Van Gogh à Auvers. Dans le rôle de l’amoureuse éperdue, Marguerite Gachet, la fille du docteur. Dans celui du séducteur, certes malgré lui, le grand, le génial Van Gogh... Un Van Gogh peu crédible. Marguerite prend d’ailleurs bien conscience que pour un tel artiste, une femme ne pèse pas lourd « face à des champs de blé, des meules de foin ou des toits de chaume ».

Imaginer une personnalité ayant existé dans une histoire de cœur fictive n’est pas une première pour Jean-Michel Guénassia. Il nous avait conté l’ultime amour de Che Guevara, alias Ernesto G, dans un roman de qualité, qui succédait à l’excellentissime Club des incorrigibles optimistes.

Fort de ces compliments, je n’ai aucun scrupule à afficher ma déception à la lecture de ce nouvel opus.

C’est Marguerite qui raconte tout. Elle a quatre-vingts ans quand elle évoque l’histoire, dix-neuf ans lorsqu’elle la vit. Et d’une page à l’autre, on ne sait pas très bien laquelle des deux s’exprime. Dans certains passages, j’ai bien ressenti l’écriture d’une femme qui regarde son aventure de jeunesse avec une émotion que le temps a permis de maîtriser. Dans d’autres, j’ai plutôt eu l’impression d’être plongé dans une bluette extraite de la fameuse collection H....

Peut-être était-ce la volonté de l’auteur de donner à la narration l’expression d’une jouvencelle de dix-neuf ans innocente et un peu cruche. Pour moi, ce n’est pas une réussite. Ces pages-là, longues et redondantes, m’ont agacé et ennuyé.

J’ai quand même relevé quelques très beaux textes, notamment lorsque Marguerite, approchant de Van Gogh en train de travailler dans la campagne, aperçoit pour la première fois sa peinture et se sent comme foudroyée : « Je suis passée mille fois devant ce paysage qui était pour moi semblable à mille autres vallons paisibles, mais ce que je vois n’est ni banal ni paisible, ce sont les blés et les arbres qui vibrent comme s’ils étaient vivants et passionnés de vivre, avec le vent qui les bouleverse, le jaune qui s’agite de partout et le vert qui tremble ». Cette phrase m’a remué et me remue encore car c’est tout à fait ce que je peux ressentir quand je contemple un Van Gogh.

Autre jolie séquence, celle où Van Gogh dicte sa pose au docteur Gachet avant d’en réaliser le fameux portrait, coiffé d’une casquette, l’air rêveur, la joue appuyée sur la main.

Une dernière chose : je trouve très beau le titre, La valse des arbres et du ciel. Prononcez-le à haute voix, avec ses trois accentuations toniques naturelles... Assez musical, n’est-ce pas ? Dommage qu’il y ait un pluriel et sa liaison ; cela empêche les trois syllabes d’être rythmées sur trois temps...

... Laisse aller !... c’est pas une valse...

 

  •  FACILE     oo    J’AI AIME… UN PEU
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