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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Le gang des rêves, de Luca di Fulvio

Publié le 26 Juillet 2017 par Alain Schmoll in Littérature

Juillet 2017,

Que vous soyez addict à la littérature ou que vous ne lisiez qu’un livre par an, profitez des vacances pour lire Le gang des rêves : une saga romanesque mettant en scène, dans les années vingt, à New York et à Los Angeles, des personnages bien campés dans un enchaînement d’intrigues intelligemment ficelées ; des péripéties qui, tout au long des sept cents pages du roman, sont opportunément émaillées de violence, de sexe, de célébrités, de dollars, et aussi de romantisme, de bons sentiments et d’amour – avec un grand A !

 

Le rêve américain, ça marche toujours ! Écrit par un Italien du nom de Luca di Fulvio, le roman aurait pu s’appeler « Il était une fois en Amérique » – comme beaucoup d’autres, d’ailleurs –. Je ne peux m’empêcher de penser au célèbre film du regretté Sergio Leone, un autre Italien, père des fameux westerns « spaghetti », dont le réalisme très expressif avait bousculé un genre jusqu’alors contrôlé par les descendants des pionniers du Far West... La gang dei sogni ! Un roman « spaghetti » ?

 

Christmas – c’est le nom du personnage principal ! – est le fils né d’un viol d’une jeune Italienne fraîchement débarquée, réduite à la prostitution pour survivre. Il traîne son adolescence dans les rues du Lower East Side de Manhattan, où il retrouve d’autres gosses d’immigrés miséreux, des Italiens, des Irlandais et de nombreux Juifs d’Europe centrale. Tous se veulent américains, mais ce sont les communautés qui structurent les amitiés, puis les bandes, les gangs, et finalement les mafias. Dans ce quartier déshérité, la délinquance et le crime semblent être le seul ascenseur social.

 

Heureusement, des secteurs d’activité novateurs prennent leur essor, inspirés par des technologies nouvelles. A New York, les premières émissions radiophoniques ouvrent des perspectives de carrière aux jeunes gens prêts à investir leurs talents dans l’aventure. Justement, Christmas ne manque pas de bagout, ni d’ambition, ni de sens de l’opportunité. Sans doute pourrait-il aussi réussir dans le cinéma, un phénomène en plein big bang, qui provoque une nouvelle ruée vers l’Ouest. A Hollywood, l’industrie du cinéma brasse un fric invraisemblable et offre des réussites fulgurantes à quelques happy few... suivies de dégringolades tout aussi foudroyantes. Pour le plus grand nombre, un miroir aux alouettes ; beaucoup n’auront jamais une chance et finiront par sombrer dans l’alcool, la drogue, la prostitution...

 

Hollywood, Los Angeles. Quel destin y attend Ruth, une pauvre petite fille riche, dont les yeux verts avaient fasciné Christmas lors de leur rencontre à l’âge de treize ans dans des circonstances tragiques ? Partie en Californie avec sa famille après une agression qui l’a marquée à vie, ne risque-t-elle pas surtout de recroiser la route d’un criminel psychopathe récidiviste, venu comme d’autres chercher fortune dans l’univers ensorcelant du cinéma ?

 

L’auteur utilise tous les ingrédients qui font un best seller, ceci dit sans la moindre connotation négative … ou presque. Quelques épisodes un peu simplistes, quelques commentaires un peu naïfs, quelques traits de caractère un peu caricaturaux, quelques scènes sentimentales un peu candides… mais il faut parfois savoir ne pas faire la fine bouche et juste se laisser emporter par les aventures que vivent les différents protagonistes. Le plaisir simple d’une lecture romanesque.

 

Le livre est structuré en courts chapitres consacrés successivement à chaque personnage. L’intensité dramatique est bien maîtrisée, sans effets de suspens artificiels. Chacun peut lire Le gang des rêves à son allure, tranquillement, sans se laisser entraîner à tourner frénétiquement les pages.

 

Vers la fin, le rythme s’accélère dans un scénario à la fois prévisible et tiré par les cheveux. Que voulez-vous, il faut bien qu’un roman s’achève ! A moins d’être très naïf, on ne craignait pas vraiment que l’histoire se termine mal pour ceux qu’on aime, Ruth et Christmas. Amour, réussite, argent, bonheur… Et pourtant ! Se pourrait-il que les naïfs aient raison, au moins en partie ? Pour parvenir à un happy end, il faut parfois s’y prendre à plusieurs reprises !

 

Pour finir, quelques réserves sur la traduction française. Je n’aime pas trop lire des dialogues comme ceux-ci :

« Mais qu’est-c’que c’est qu’ce nom ?

– Ça te r’garde pas »

Une écriture semi-phonétique censée transposer le langage des quartiers populaires de New York, à la manière des traducteurs de Faulkner cherchant à reproduire la façon de parler des bouseux des Etats du Sud. Ça sonne aussi faux que les doublages en français des vieux westerns et séries B. C’est d’autant plus absurde que le livre a été écrit en italien et, j’ai vérifié, sans profusion d’apostrophes !... Traduire un texte italien en français tout en lui donnant une tournure américaine ! Voilà qui aurait enchanté Aaliya, l’héroïne de Les vies de papier, roman que j’ai chroniqué en novembre dernier…

 

Le gang des rêves, un ouvrage conçu pour plaire au public le plus large, avec un clin d’œil pour l’intelligentsia, dont on sait le goût pour le théâtre. Une très belle réussite, qui mérite son succès.

FACILE     oooo   J’AI AIME BEAUCOUP

 

Vous pouvez acheter directement ce livre en cliquant sur ce lien

Commenter cet article

zazy 27/07/2017 11:39

Dans ma liste

Albertine 27/07/2017 08:26

Terminé hier soir ! je me demandais si j'allais le chroniquer sur mon blog. Pas la peine, je retrouve exactement mon ressenti dans cet article.