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ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Le dernier des nôtres, d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Publié le 21 Janvier 2017 par Alain Schmoll in Littérature

Le dernier des nôtresJanvier 2017,

Ecrit par une romancière normalienne eet journaliste, Le dernier des nôtres avait attisé ma curiosité : un grand prix délivré par l'Académie Française ; un titre m’évoquant des œuvres mythiques – Le dernier des Justes, Le dernier des Mohicans... ; l’annonce d’une saga reliant le Manhattan flamboyant de 1970 à l’Allemagne nazie vaincue de 1945.

Déception ! Ces signes prometteurs ne relèvent que de stratégie marketing. Avec ses cinq cents pages entremêlant fiction et événements réels, l’ouvrage est caractéristique du best seller de base, conçu avec finesse pour plaire au grand public, tout en lui donnant l’impression de lire de la littérature.

Le cœur de l’histoire s’assimile à un cocktail pétillant et sucré archi-classique : la rencontre de Werner et Rebecca. Lui, très beau, impétueux, séducteur impénitent, est au début d’une carrière prometteuse de promoteur immobilier. Elle, très belle, imprévisible, artiste peintre, hauts talons et courtes jupes, est la fille d’un multimilliardaire. Amours folles et mouvementées dès le premier regard.

Rebecca et Werner évoluent dans la jet-set new-yorkaise des années soixante-dix : appartements somptueux sur Central Park et villas dans les Hamptons, repas et drinks raffinés, cabarets et night-clubs branchés ; badinage avec Warren Beatty et le jeune Donald Trump, bise à Andy Warhol dans sa fameuse Factory... Adélaïde de Clermont-Tonnerre connaît son sujet ; elle œuvre au magazine Point de vue, « actualités du gotha et des people d'exception ». Les années soixante-dix la fascinent, a-t-elle un jour déclaré, bien qu’elle ne les ait pas connues. Werner, à qui elle concède une part importante de la narration, s’en donne à cœur joie dans une époque sans limite : pas de sida, pas d'interdiction de fumer, pas de limitation de vitesse, ni contrôle d'alcoolémie. Il nous dévoile même quelques détails torrides de ses aventures – il faut bien affrioler le lecteur ! – tout en restant dans la limite du soft – on est de bonne famille, n’est-ce pas !

Quelques pages émouvantes. Vingt-cinq ans plus tôt, un petit garçon naissait dans les ruines fumantes de Dresde, dans l’est de l’Allemagne, sous les bombes de l’aviation alliée. La mère ne survivait pas. Dans la famille, dispersée par la guerre, des personnes de qualité et un être malfaisant, très malfaisant, comme on pouvait l’être dans l’Allemagne nazie. Auriez-vous imaginé que la résurgence de ce passé viendrait contrarier l’amour de Werner et de Rebecca !

S’appuyant sur des personnages stéréotypés, l’intrigue générale est plutôt solide et cohérente, même si elle traîne un peu en longueur, même si la fin est tirée par les cheveux. En adoptant l’invraisemblance, on peut ménager des effets de coups de théâtre inattendus. Pourquoi pas !

Mais voilà, les bons romanciers savent dévoiler par bribes subtiles les péripéties cachées qui forment l’ossature des intrigues complexes. Au lecteur d’assembler les pièces une à une, jusqu'à ce que la trame complète imaginée par l’auteur se révèle à lui. C’est ce qui fait le charme des bonnes fictions romanesques. Dans Le dernier des nôtres, ces péripéties sont révélées platement lors de confessions spontanées, des pavés de monologues longs et sans âme qui en gâchent les effets.

Sans âme ! C’est définitivement l’expression qui me vient pour qualifier ce livre en le refermant. Les voies de l’Académie sont impénétrables.

FACILE oo J’AI AIME… UN PEU

Commenter cet article

zazy 21/01/2017 22:50

C'est ce qui me semblait et d'après tes commentaires, j'ai raison