Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Le roi des aulnes, de Michel Tournier

Publié le 14 Février 2016 par Alain Schmoll

Février 2016

Prix Goncourt 1970, vendu à quatre millions d'exemplaires, chef d'œuvre de Michel Tournier, grande figure de la littérature française contemporaine et récemment décédé... ce livre m'a mortellement ennuyé !...

Il raconte l'histoire d'Abel Tiffauges, un individu médiocre, solitaire et tourmenté. Cet homme s'invente une destinée fantasmagorique, qu'il est le seul à percevoir au travers de signes et de symboles empruntés à quelques mythes chrétiens et germaniques. Deux narrations se juxtaposent : un récit traditionnel transcrivant les faits tels qu'ils se déroulent et leur réinterprétation par Tiffauges, en mode spirituel et mystique, dans ses écrits sinistres, un journal personnel écrit de la main gauche.

Dans son enfance, Tiffauges avait été longtemps pensionnaire dans une institution catholique, où il avait été le souffre-douleur des uns, tout en étant protégé par les autres. Rien de très explicite ne nous est livré sur d'éventuels sévices qu'il aurait eu à subir,... mais on n'en pense pas moins... Devenu adulte très grand et massif, disposant d'une force herculéenne, il nourrit une forme de tendresse obsessionnelle et perverse – mais non sexuelle !! – pour les enfants pré-adolescents, filles, puis plutôt garçons... En 1939, la déclaration de guerre le sauve de graves ennuis judiciaires.

Piteux soldat dans un piteux régiment, il est fait prisonnier et transféré en Prusse orientale. Les paysages et les populations qu'il découvre l'enthousiasment au point de croire que ce pays lui offrira la destinée qu'il attend. Il travaille un temps sur un domaine forestier où le maréchal Göring chasse à courre, puis finit par se faire recruter dans une napola, sorte d'internat d'élite où les nazis forment les jeunes au combat. A l'approche de la défaite finale, Hitler ordonne une mobilisation totale, y compris des plus jeunes. Dans la napola vidée de ses instructeurs et des adolescents, Tiffauges se retrouve seul adulte, entouré de quatre cents pré-adolescents ; un rêve extatique... mais de courte durée : la napola est détruite par l'Armée Rouge ; les jeunes pensionnaires sont tués les uns après les autres.

Dernier personnage à apparaitre : un très jeune juif échappé d'Auschwitz, Ephraïm, trouvé à moitié mort et soigné en secret par Tiffauges, qui découvre à son contact l'horreur des camps de la mort et la monstrueuse réalité du nazisme. Fuyant avec Ephraïm sur ses épaules, Tiffauges perd ses repères et s'enfonce dans la vase d'un marécage bordé d'aulnes noirs…

Cette figure de l'adulte portant un enfant sur ses épaules, très présente dans le livre, évoque le Roi des Aulnes, l'ogre voleur d'enfants de la mythologie germanique. Mais pour Tiffauges, c'est le fantasme absolu, un concept halluciné qu'il nomme phorie, imaginé par Michel Tournier à partir du mythe très ancien de l'homme-mère-enfant réuni en une seule chair.

Oiseuses tribulations psycho-mythologiques de l'auteur par personne interposée. Interminables regards sur les paysages plats, humides et froids parcourus par Tiffauges. Observations sans intérêt sur les pérégrinations des cerfs et des pigeons-voyageurs. Tout cela m'a profondément abattu. Il arrive que la fin d'un livre soit un soulagement et qu'on soit heureux de passer au suivant..

.TRES DIFFICILE     o   J’AI AIME... PAS DU TOUT

Commenter cet article