Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ça va mieux en l'écrivant !...

... ENCORE FAUT-IL LE LIRE AVANT !

Titus n'aimait pas Bérénice, de Nathalie Azoulai

Publié le 7 Décembre 2015 par Alain Schmoll

Décembre 2015

Une femme, quittée par son amant, cherche à surmonter son chagrin en s'immergeant dans un travail sur Racine. – J'imagine déjà mon ami C... s'exclamer : "Tu lis vraiment beaucoup de livres de femme ! " –. Le sens profond de cet ouvrage m'a sans doute échappé et j'en ai trouvé par moment la lecture ennuyeuse... Peut-être parce que je suis un homme ! ... Peut-être.

Essayons d'y voir clair : pourquoi Racine ? En écrivant ses tragédies, Racine s'attachait à insérer méticuleusement dans l'esprit de ses personnages, les ravages psychologiques provoqués par leurs amours passionnels tragiques. Dévastée par sa rupture, la narratrice du roman s'identifie à une héroïne de Racine. Mais pourquoi Bérénice ? Dans Racine, Titus devenu empereur renonce à Bérénice par devoir envers Rome ; il la quitte la mort dans l'âme, parce qu'il l'aime ; Dans Nathalie Azoulai, l'amant abandonne la narratrice pour préserver sa famille ; il retourne prosaïquement auprès de Roma, son épouse. C'est manifeste, le Titus du roman n'aimait pas sa Bérénice ! Mais pour moi, c'est plutôt qu'ils n'étaient ni Titus ni Bérénice.

Après cette pointe de polémique, il me revient de rendre au moins un hommage à ce livre : ne connaissant pas plus que cela la vie de Racine, j'ai sincèrement apprécié de découvrir sa personnalité complexe ; janséniste mais avide de reconnaissance et de confort matériel ; indomptable, inflexible mais courtisan et flagorneur ; surtout, portant très haut son ambition de pureté pour la langue française et de musicalité pour l'alexandrin. C'est toujours positif d'apprendre quelque chose.

Le livre est très bien écrit, le vocabulaire est riche... Trop riche ! J'en ai gardé une impression d'emphase dénuée de sensibilité, comme un exercice de style "surtravaillé" d'étudiant en lettres. Et puis c'est long ; la vie de Racine s'étale au fil des 300 pages sur de nombreux non-événements sans intérêt, narrés au présent, ce qui accentue le sentiment de lire du vide.

Enfin, quelle idée, tout au long du livre, d'appeler Racine et Boileau par leur prénom !... Les aventures de Jean et Nicolas !... J'ai du mal à comprendre que ce livre ait obtenu le Médicis et qu'il ait été en piste pour le Goncourt.

  •  DIFFICILE     oo   J’AI AIME… UN PEU
Commenter cet article